Publié le mercredi 17 mai 2017 17:00 | Mis à jour le mercredi 17 mai 2017 14:25

Chemin du Lac-à-l’Île : Des citoyens pris en otage

Jean Lacaille

GRACEFIELD - Les autorités de la Ville de Gracefield ont décidé de barrer l’accès au chemin du Lac-à-l’Île en y déposant cinq grands rectangles de béton sans que les contribuables n’en soient informés au préalable. Ils n’ont jamais été avertis qu’un avis d’évacuation les obligeait à quitter leur résidence subito-presto à cause de la crue des eaux à cet endroit.

«Le 6 mai dernier, des rumeurs nous sont parvenues à l’effet que tout le secteur du chemin du Lac-à-l’Île et du chemin Rochon serait évacué. Nous avons donc tenté de communiquer avec la Ville de Gracefield pour obtenir la confirmation de cette évacuation. Personne ne nous a répondus ou n’a retourné nos appels, en particulier le chef des pompiers, Michael Gainsford, auquel M. Denis Dumont avait spécifiquement laissé un message téléphonique. J’ai moi-même circulé abondamment sur les bords du Petit Lac Bitobi. Je n’ai vu, en ce 6 mai, aucun signe d’évacuation. Le 6 mai dernier, le chemin du Lac-à-l’Île était recouvert par 40 pouces d’eau», affirme Philippe Rochon, un contribuable du secteur.

La situation se complique

Le 7 mai, vers 10h du matin, comme le souligne M. Philippe Rochon, dans son «État de la situation et l’ordre chronologique de l’inondation de mai 2017», M. Dumont a joint M. Michael Gainsford au téléphone, l’enjoignant de ne pas couper le service électrique. Lors de cette conversation, aucune mention d’une quelconque évacuation n’a été faite. Durant la période du 1er au 5 mai, Julie Thérien, de la Ville de Gracefield, avait communiqué avec M. Dumont à deux reprises afin de s’enquérir de la situation et si les gens du secteur avaient besoin de quoi que ce soit. Lors de ces deux appels téléphoniques, là encore, il n’a jamais été question d’une évacuation du secteur.

«Le matin du 9 mai dernier, je me suis rendu au bureau municipal pour payer mes taxes et celles de ma mère. On ne m’a nullement parlé que je devrais être évacué de ma résidence en dépit du fait que je venais de spécifier mon adresse. Le soir de ce 9 mai, nous avons réalisé que la Ville avait installé de gros blocs de béton pour interdire totalement la circulation sur le chemin d’accès sans nous avertir en aucune façon. Le lendemain, j’ai rencontré M. Bernard Caouette, directeur général et greffier par intérim de la Ville, à l’entrée de son bureau, devant la poste de réceptionniste, en présence de plusieurs personnes. Quand j’ai demandé à M. Caouette pourquoi nous n’avions pas été informés de l’avis d’évacuation, il m’a répondu que nous avions été mis au courant suite à une conversation téléphonique entre Mme Thérien et Denis Dumont. Selon M. Caouette, c’était à M. Denis Dumont de nous informer de l’évacuation qui avait mené à l’installation des blocs. Je lui ai alors suggéré de téléphoner immédiatement à M. Dumont pour obtenir sa version des faits. L’appel en question ne s’est pas fait. Tout ceci soulève de nombreuses questions à mon avis.»

Et Philippe Rochon s’interroge. «Pourquoi confier à un simple citoyen privé la responsabilité de distribuer verbalement un avis d’évacuation ? Pourquoi la municipalité n’a fait aucun suivi pour vérifier que l’information s’était rendue aux personnes concernées ? Si la municipalité voulait nous joindre le 6 mai, pourquoi n’a-t-elle pas consulté le bottin téléphonique pour trouver nos numéros de téléphone ? Tous les numéros de mes voisins y figurent. La municipalité ne devrait-elle pas disposer dans son plan d’urgence des numéros de téléphone des propriétaires et des locataires en zones à risque, ainsi que des noms et adresses des résidents permanents dans ces zones. Si la municipalité a procédé à des évacuations le 6 mai sur le Petit Lac Bitobi, pourquoi ne les avons-nous pas vus et pourquoi ne sont-ils pas venus nous voir ? Nous étions à la maison. S’ils ne nous ont pas évacués le 6 mai, pourquoi bloquer le chemin le 8 mai, alors que l’eau était en décroissance ? Sans avertir, piégeant les contribuables de l’autre côté du lac. Comment la municipalité pouvait-elle croire que nous pouvions évacuer nos résidences sans aide alors que 40 pouces d’eau recouvrait le chemin d’accès au matin du 6 mai, jour de la soi-disant évacuation ?»

Un résident du secteur, M. Ghislain Dumont, aurait bien aimé que les blocs de béton soient enlevés, lui qui devait se préoccuper de l’état de santé de son épouse qui était hospitalisée. Il a tenté de convaincre les autorités de la ville, mais en vain. «Il est important de signifier ici que nous traversons le chemin d’accès couvert d’eau lors de certains printemps depuis au moins 40 ans. La requête de M. Dumont n’a pas eu de réponse à l’heure où ces lignes sont écrites», rappelle Philippe Rochon.

Ce dernier ajoute que le 13 mai, ils apprenaient qu’une rumeur circulait à Gracefield selon laquelle ils n’avaient pas été évacués le 6 mai en raison du refus de M. Denis Dumont de transmettre l’ordre à cet effet. «Ceci est une fausseté et représente une insulte faite à M. Dumont ainsi qu’une atteinte à sa réputation», rajoute Philippe Rochon.

Et finalement, le 12 mai dernier, des policiers de la Sûreté du Québec, en faction près des blocs de béton installés au travers du chemin, ont affirmé, à 16h55, dans une conversation téléphonique avec M. Ghislain Dumont, que la présence de blocs de béton à l’entrée du chemin constituait un danger pour la sécurité des gens du secteur. Ils ont précisé qu’ils n’avaient pas le pouvoir de les faire retirer mais qu’ils avaient informé la municipalité de leurs inquiétudes concernant ce danger. Les blocs n’ont pas été enlevés.

 

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