Publié le mercredi 11 octobre 2017 17:17 | Mis à jour le mercredi 11 octobre 2017 17:21

Centre de santé : La région tient à ses acquis

Sylvie Dejouy

MANIWAKI – Un vent de panique a soufflé sur la région la semaine dernière. Tout est parti d’un document intitulé «CISSS de l’Outaouais – Dossier chirurgie. Rapport final». Puis d’une pétition lancée par Georges Lafontaine, candidat à la préfecture, avec le libellé suivant : «Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais envisage de réduire les services de chirurgie et de trauma au CH de Maniwaki pour les transférer vers Mont-Laurier, ce qui signifie que les accidentés de la route seraient automatiquement dirigés vers cette ville ou vers Gatineau. Maniwaki ne serait plus qu'une forme de clinique. Nous demandons au CISSSO d'abandonner cette idée et de soutenir le développement du CH de Maniwaki tout autant que les CH de Papineau et Pontiac et nous déplorons que ce dossier ait été traité sans que les citoyens en soient informés.» Des milliers de personnes ont signé la pétition.

Dans le rapport en question, il est écrit que «le CISSS fait un exercice sur l’organisation des services de chirurgie. L’objectif est de se donner un modèle d’organisation qui pourra : répondre aux besoins actuels et, surtout, futurs de notre population ; optimiser nos ressources, dont nos blocs opératoires ; maximiser les potentiels que nous identifierons en cours d’exercice. À la suite de cet exercice, le CISSS procèdera à la mesure détaillée des impacts des scénarios qui auront été retenus». Dans la section dédiée à Maniwaki, les recommandations sont les suivantes : «Maintien des services de proximité ; des activités en chirurgie générale pour des chirurgies d’un jour avec volumes significatifs ; l’exploration d’un lien stratégique avec le CISSS des Laurentides (hôpital de Mont-Laurier), afin de créer une zone qui pourra générer des masses critiques et consolider une offre de service en proximité relative, revoir le niveau de trauma à maintenir localement en complémentarité avec l’hôpital de Mont-Laurier».

Quelques heures après la mise en ligne de la pétition, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais émettait un communiqué afin d’assurer qu’il n’y a aucune réduction prévue des services à l’hôpital de Maniwaki : «Suite à la publication d’une pétition concernant la réduction des services d’urgence à l’hôpital de Maniwaki, le Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) de l’Outaouais souhaite corriger certaines informations et rassurer la population quant au maintien des services de proximité. Lors de la tournée du conseil d’administration du CISSS le 3 octobre dernier à Gracefield, nous avons réitéré notre volonté de maintenir les services déjà en place à Maniwaki en plus de poursuivre le développement de certains services de proximité. Le CISSS de l’Outaouais souhaite en effet à optimiser le fonctionnement des blocs opératoires et envisage des partenariats dans le but non pas de réduire les services mais bien de consolider la présence médicale dans la région».

Les dirigeants du CISSSO ajoutent dans le communiqué qu’il n’a «jamais été question de réduire les services d’urgence ou de traumatologie à l’hôpital de Maniwaki. L’hôpital de Maniwaki est un site important dans la continuité des soins et nous nous engageons à y maintenir les services d’urgence pour répondre aux besoins particuliers du milieu. Les services cliniques de proximité à l’hôpital de Maniwaki seront maintenus. Le CISSS de l’Outaouais travaille à développer de nouveaux services pour mieux desservir la population de la Vallée-de-la-Gatineau. Le CISSS a rencontré la population le 3 octobre dernier pour faire part de nos priorités de développement et écouter les préoccupations des citoyens face à leurs soins de santé».

La députée-ministre Stéphanie Vallée et le ministre de la Santé Gaétan Barrette sont également montés au créneau afin de rassurer la population. Ce dernier a accusé Georges Lafontaine d’avoir alerté la population à des fins électorales.

De son côté, le conseil des maires, qui tenait une séance d’ajournement le jour où la pétition a été lancée, a adopté malgré tout une résolution afin de demander le maintien des services de santé dans la région. Les élus ont encore en mémoire les coupures de postes dans la région engendrées il y a quelques années par la création du CISSSO. Comme l’a souligné le préfet Michel Merleau, l’objectif est de «conserver nos acquis en matière de services de proximité».

Chantal Lamarche, mairesse de Cayamant et candidate à la préfecture, a questionné le directeur du CISSSO, Jean Hébert, à ce sujet lors de la rencontre organisée par l’organisme la semaine dernière à Gracefield. «Il n'y a rien qui a été confirmé et rien qui a été accepté, commente-t-elle. Je trouve dommage de faire une campagne là-dessus et de faire paniquer les gens avec des renseignements non confirmés. Il faut être aux aguets mais il ne faut pas faire paniquer les gens.»

 

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