Publié le mercredi 11 octobre 2017 18:12 | Mis à jour le mercredi 11 octobre 2017 18:14

Antarctique solo : Une mise en scène et une prestation époustouflantes

Sylvie Dejouy

MANIWAKI - – L’ambiance était fraîche vendredi soir à l’auditorium de la Cité étudiante. La Maison de la culture de la Vallée-de-la-Gatineau présentait la pièce «Antarctique solo». À l’issue du spectacle, les critiques étaient unanimes : Rémi-Pierre Paquin a offert une formidable prestation, alors qu’il était seul sur scène pendant deux heures ; le décor, magnifique, a plongé les spectateurs dans l’ambiance ; la mise en scène, signée Pierre-François Legendre, était remarquable. 

«Antarctique solo» raconte l’histoire vraie de Frédéric Dion, un aventurier qui s’est lancé le défi complètement fou de traverser l’Antarctique en passant par le pôle Sud d’inaccessibilité et le pôle Sud géographique. Utilisant le vent pour se déplacer à ski tracté par cerf-volant, l’aventurier a rapidement compris que cet allié serait aussi son pire ennemi. Blizzard, multiples bris de traîneau, incendie dans la tente… les péripéties se sont succédé tout au long de cette aventure extrême. La peur et le doute ont nécessité une gestion constante pour qu’il puisse réaliser ce grand rêve et réussir trois records de vitesse dans le plus grand désert blanc sur terre. En 54 jours et 6 heures, Frédéric Dion a effectivement traversé l’Antarctique entre la base russe Novolazarevskaya, le pôle Sud d’inaccessibilité, le pôle Sud et Hercules Inlet. Il a parcouru une distance de 4 383 kilomètres complétée en un temps record, dont 626,6 kilomètres en 24 heures 53 minutes (dernière journée).

La pièce raconte un moment précis de son aventure. Après avoir traversé des centaines d’épreuves, le corps fatigué et l’esprit déstabilisé par le soleil qui ne se couche jamais, alors même que sa traversée de l’Antarctique en solitaire est avancée, Frédéric Dion est victime d’une mauvaise bourrasque et perd son traîneau. Commence alors son combat contre le vent, la poudrerie naissante et le froid mordant afin de retrouver au plus vite son matériel de survie. D’expérience, Frédéric sait qu’il ne lui reste qu’une vingtaine de minutes, car, passé ce seuil, son traîneau sera recouvert de neige et impossible à repérer. Ce sont précisément ces vingt minutes qui sont racontées. Minute par minute, tout y passe... ses doutes, ses certitudes, ses exploits, sa famille, mais surtout son incroyable capacité à danser corps à corps avec la mort en lui imposant son rythme. Antarctique solo est le récit fabuleux d’un aventurier du XXIe siècle qui n’a pas froid aux yeux, mais demeure malgré tout d’une désarmante fragilité. 

Pour Rémi-Pierre Paquin, incarner Frédéric Dion a été tout un défi, certes moindre que celui relevé par ce dernier, mais quand même : le texte signé Bryan Perro fait plus de 12 000 mots. Le défi est aussi physique qu’intellectuel. Une pièce qui propose un voyage à l’intérieur de soi, où l’on pousse le spectateur à découvrir son courage intérieur.

Photos de Sébastien McNeil.

 

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