Journal La Gatineau : les jours de votre hebdo sont comptés

L’équipe de La Gatineau

LA GATINEAU – Malheureusement, le journal La Gatineau, solidement implanté dans la Vallée-de-la-Gatineau, n’a pas été épargné par la crise qui frappe la presse écrite. Une crise qui, à l’image d’une tornade, emporte de nombreux journaux sur son passage, à commencer par ceux installés en région. Afin d’être transparents envers nos lecteurs et clients, nous avons décidé de vous expliquer la situation.
En novembre dernier, une lettre ouverte, signée par plus de 6 000 personnalités publiques et citoyens, avait été publiée dans les pages de dizaines de journaux et remise en main propre au gouvernement fédéral, afin de lui rappeler l’urgence d’agir rapidement. Il y était expliqué que «la presse écrite vit actuellement la plus grande crise de son histoire. L’enjeu est simple : si rien n’est fait, de nombreux journaux, imprimés ou numériques, pourraient cesser leurs activités dans un avenir rapproché».
Entre 2009 et 2015, au Québec, il y a environ 43 % des emplois reliés à la presse écrite qui sont disparus. Du côté du Canada, on parle de 27 quotidiens qui ont fermé, 275 hebdos. Les fermetures de journaux se multiplient d’un bout à l’autre du pays. Même l’éditeur du plus grand quotidien au pays, le Toronto Star, a avoué lutter pour sa survie.
Cette situation, le journal La Gatineau la vit depuis plusieurs années. En cause, la hausse des coûts d’opération, comme par exemple ceux liés à l’impression et à la distribution du journal qui représentent 40% de nos dépenses, couplée à une baisse des revenus publicitaires. Celle-ci s’explique notamment par l’essor d’Internet. Il faut savoir par exemple que Google et Facebook accaparent plus de 70 % des recettes publicitaires au Canada, près de 6 milliards de dollars l’an dernier.
Ces dernières années, assurer la viabilité de La Gatineau est devenu la préoccupation principale de l’équipe du journal. Plusieurs idées ont été mises sur la table, plusieurs formules ont été essayées. Mais pendant ce temps, le déclin continuait. La ferme volonté de publier à chaque semaine un journal de qualité n’a pas résisté au manque de ressources.
C’est une grande page qui se tourne sur 60 ans d’histoire. C’est aussi évidemment plusieurs emplois qui sont perdus dans la Vallée-de-la-Gatineau. En temps normal, l’équipe compte trois personnes au département de l’infographie, deux à celui des ventes, deux journalistes, une personne à la direction et une autre à la comptabilité.
Mais maintenant, il faut se tourner vers l’avenir. Les avis, qu’ils viennent des lecteurs, du milieu des affaires ou de la sphère politique, sont unanimes : il faut un journal dans la Vallée-de-la-Gatineau. Pour citer de nouveau la lettre publique mentionnée plus haut, «en cette ère de fausses nouvelles et de propagande, le meilleur rempart contre cette tendance inquiétante demeure la collecte rigoureuse d’informations et les véritables enquêtes journalistiques. Nos médias écrits sont le fer de lance de l’information partout au Canada et des éveilleurs de conscience indispensables. En région, ils représentent parfois les seules sources d’information pour la population et deviennent les principaux relais entre les gouvernements, les citoyens et la vie des communautés».

Soixante-deux ans de nouvelles dans la Vallée-de-la-Gatineau

LA GATINEAU – En 2016, le journal La Gatineau a souligné son 60e anniversaire. Pour l’occasion, un cahier spécial avait été publié au mois d’avril avec pour titre : «La Gatineau 60e anniversaire : 60 ans de nouvelles, 60 ans d’émotion, 60 ans avec vous».
La toute première édition du journal La Gatineau a été publiée mercredi 2 novembre 1955. Elle comptait douze pages. C’est le début de cet hebdomadaire qui allait devenir le compagnon fidèle des gens d’ici pour les 60 années à venir. À l’époque, comme ce fut le cas pendant de nombreuses années, La Gatineau était livrée par la poste. Elle comptait également plusieurs abonnés de l’extérieur.
En 1994, un groupe de 40 gens d’affaires, tous de la région, a acheté des actions dans le journal La Gatineau qui avant était la propriété unique de l’homme d’affaires Oneil Grondin. Ces actionnaires deviendront propriétaires uniques du journal au début des années 2000.
La Gatineau a changé son image dix fois en soixante ans. Le journal a aussi déménagé à plusieurs reprises. En 1955, son siège social était au 114, rue de la Ferme à Maniwaki. Plusieurs années plus tard, il aura pignon sur le boulevard Desjardins à Maniwaki puis finalement dans l’édifice le long de la route 105 à Egan-Sud.
Au fil des années, de nombreuses équipes ont repris le flambeau avec toujours la même préoccupation principale : informer la population val-gatinoise. Plus que des pages à feuilleter, il a permis des créer des liens dans la communauté. La Gatineau a accompagné les Val-Gatinois pendant toutes ces années. L’histoire de La Gatineau est celle des gens d’ici.

Le cœur d’une communauté…un journal, notre journal.

LA GATINEAU – Oui, la mission fondamentale d’un journal est d’informer ses lecteurs, de leur donner accès à l’information. Il se veut également un tremplin pour faire valoir les dossiers importants et indispensables au futur de la région. Le journal est un partenaire primordial dans le développement social, économique et culturel de notre milieu de vie.
Un journal mise sur la qualité et la véracité de l’information qu’il diffuse tout en offrant à ses annonceurs la meilleure plateforme de visibilité possible.
Parce que nous sommes à l’aire des nouvelles technologies, le modèle d’affaire de la publication ‘’papier’’ de notre hebdomadaire régional tient difficilement la route, et ce, depuis quelques années. Les médias sociaux s’approprient de plus en plus une grande part du marché publicitaire, ce qui contribue fortement au déclin des revenus de l’entreprise. Sans aucun doute, une baisse importante des revenus accentue la fragilisation du maintien de notre mission.
Paradoxalement, l’intérêt des citoyens pour le journal est toujours au rendez-vous et les annonceurs se tournent de plus en plus vers les médias sociaux pour faire connaître leurs produits, leurs nouveautés et faire valoir leurs bons coups.
Il est pertinent de préciser que la version papier du journal est distribuée à la grandeur de la région au nombre de 11 300 copies.
De plus, à chaque semaine, plus de 15 000 personnes visitent notre site WEB. Le journal sur le WEB donne accès à une quantité d’informations pertinentes. Nous savons quels sont les articles les plus lus, les sujets qui intéressent le plus les lecteurs, etc.
À la lumière des statistiques d’achalandage sur le site WEB du journal La Gatineau, nous constatons que les lecteurs effectuent graduellement un virage en délaissant la version papier pour une lecture sur le WEB.
Suite à cette nouvelle réalité et malgré des efforts concentrés au niveau de la sollicitation de ventes auprès de potentiels annonceurs le seuil de rentabilité n’a pu être atteint. Par conséquent, les résultats financiers teintés de rouge se sont donc accumulés.
Des acteurs locaux ont également été approchés pour développer un partenariat afin de maintenir une publication papier du journal dans la région. Malheureusement cette approche n’a pas été concluante.
Nous sommes donc rendus à la croisée des chemins. C’est avec un énorme regret que l’équipe du Conseil d’administration et du personnel vous informe que Les Éditions Gatineau Ltée devront mettre fin à la publication du journal La Gatineau au cours des prochaines semaines.