Encadrement des chasseurs non-résidents : La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs en désaccord

LA GATINEAU – Pour la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, l’encadrement des chasseurs non-résidents d’orignal annoncé par le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) Luc Blanchette, «ne fera qu’inciter ces derniers à cesser de chasser au Québec. Le soutien de cette mesure par la FPQ, la Sépaq et Zecs Québec tient plus aux bénéfices qu’ils espèrent en tirer que de leur réel souci des chasseurs québécois ou de l’apport économique pour l’ensemble de la province. Depuis quand ces organisations ont-elles des préoccupations pour ce qui se passe sur le territoire libre et en terre privée si ce n’est que pour des intérêts qui leur sont propres ? En quoi libérer les terres publiques québécoises de moins d’un pourcent de chasseurs non résidents d’orignal améliorera-t-il l’accès au territoire ?»

Le 21 mars 2016, des informations avaient été inscrites sur le site Internet du MFFP. Elles spécifiaient que le titulaire d’un permis de chasse pour non-résident devait utiliser les services de territoires structurés sauf «un non-résident accompagné d’un résident pratiquant la même activité de chasse avec les permis requis».

La FédéCP supporte un tel encadrement des non-résidents pour chasser l’orignal. Un accord avait même été convenu à cet effet entre elle, la FPQ et Zecs Québec, tous partenaires de la Table nationale de la faune. «Cette entente protégeait une bonne part des activités de chasse au cours desquelles des Québécois peuvent bénéficier de cette notion de non-résident. De même, elle permettait d’éviter l’arrivée de chasseurs étrangers désirant chasser seuls en terres publiques québécoises.Il est utopique de penser que les chasseurs non-résidents qui viennent chasser en territoire libre avec des Québécois se dirigeront automatiquement vers les territoires structurés en vertu de la nouvelle mesure. Tout d’abord, on peut penser que plusieurs d’entre eux n’ont pas les moyens, ou le goût de se payer les services d’un territoire structuré. Ensuite, puisqu’ils viennent souvent compléter des groupes de Québécois, il n’y aura aucun intérêt pour eux à se rendre en territoire structuré. Finalement, il est loin d’être certain que les gestionnaires de territoires structurés seront en mesure de les accueillir au moment qui leur conviendra. D’ailleurs, les gestionnaires de territoires structurés ont beau être d’accord, ils annoncent d’entrée de jeu qu’ils ne seront peut-être pas en mesure de recevoir des chasseurs non-résidents, notamment Zecs Québec.»

Comme le souligne le représentant des zecs, M. Jacques Smith, dans un communiqué, «les zecs pourront bénéficier des retombées qui y sont associées lorsque, pour celles dont la capacité d’accueil du territoire le permet, pourront ajouter de nouveaux chasseurs».

Selon la FédéCP, «que les zecs seront enclines à accueillir des non-résidents, on peut en douter. Pourquoi les zecs veulent-elles sortir les non-résidents qui accompagnent un chasseur résident des territoires libres ou privés alors que les zecs elles-mêmes les accueillent ? Il faut se rappeler que le but en 1977 de décluber les clubs privés était de donner l’accès à des territoires alors peu accessibles aux Québécois. Nous comprenons très bien que des non-résidents puissent utiliser les territoires des zecs, alors pourquoi les zecs ne comprennent-elles pas que les Québécois veulent chasser avec des amis en territoire non structuré ? Quant aux pourvoyeurs, ils nous disaient en 2015 que les non-résidents étaient pour envahir le Québec. Voici la réalité des ventes de permis de chasse à l’orignal pour les trois dernières années, tous territoires confondus : non-résidents, 2 908 en 2015, 2 760 en 2016 et 2 744 en 2017 ; résidents, 174 412 en 2015, 172 161 en 2016 et 174 060 en 2017. Pour terminer, comment la Sépaq justifie-t-elle qu’une telle mesure favorise les chasseurs québécois ? Si elle pense vraiment ce qu’elle écrit, alors on est en droit de se demander pourquoi ses tarifs sont-ils si élevés».         

Pour Marc Renaud, président de la FédéCP, «il y a lieu de se questionner réellement sur toute cette orchestration. Ceci nuira aux résidents du Québec qui ont des amis et qui ne veulent pas payer le gros prix. Avec une telle vision, est-ce que le gouvernement Couillard, dans un avenir rapproché, veut imposer aux touristes qui viennent au Québec à le faire seulement en les obligeant à utiliser le réseau des hôtels et motels afin et d’éviter que des non-résidents couchent chez des amis ? En somme, le Québec oblige tous les non-résidents à passer par des territoires structurés… On accommode ceux qu’on peut et les autres n’ont qu’à rester chez eux».