La députée-ministre Stéphanie Vallée entourée des femmes présentes au déjeuner.

La députée Stéphanie Vallée : Rencontre avec des Val-Gatinoises

MANIWAKI – Afin de souligner la Journée internationale des droits des femmes, la députée-ministre Stéphanie Vallée avait convié les Val-Gatinoises à un déjeuner jeudi 8 mars, au resto-pub Le Rabaska.
«On avait invité notamment des femmes qui sont impliquées dans plusieurs organismes, explique Stéphanie Vallée. J’ai été étonnée de constater à quel point les femmes impliquées politiquement et au sein de divers organismes sont beaucoup plus nombreuses aujourd’hui qu’elles ne l’étaient il y a dix ans. Il y a eu beaucoup de chemin parcouru et il y a plusieurs femmes qui ont mis de côté leurs appréhensions.»
L’objectif de la rencontre était de discuter de différents sujets en lien avec les droits des femmes mais aussi de réseauter. «Il y avait des femmes du milieu municipal, du milieu communautaire, du milieu des affaires, des agricultrices, précise Stéphanie Vallée. Des femmes avec différents bagages. Des aînées, des plus jeunes. C’était un heureux mélange de profils.»
Parmi les dossiers en lien avec les droits des femmes, il y a notamment leur place dans le milieu politique. Si des progrès ont été faits, il reste des étapes à franchir afin qu’elles soient plus nombreuses. «Quand je suis arrivée en poste en 2007, c’était la première fois qu’une femme occupait la fonction de député de la circonscription de Gatineau, explique-t-elle. Je suis arrivée dans un milieu qui était majoritairement masculin. Au conseil des maires, il n’y avait que des hommes ayant en moyenne 50 ans et plus. Systématiquement, on m’appelait «ma p’tite». Ça ne se voulait pas méchant, mais en même temps ça démontrait une certaine supériorité. Je suis arrivée en politique à 35 ans, j’ai été promue ministre de la Justice à 42 ans, les gens me disaient souvent «t’es bin jeune». Mais à 35 ans, Robert Bourassa était Premier ministre. Je ne crois pas que ce sont des remarques qu’on aurait faites à un homme. Au fil des ans, les gens se sont habitués à voir plus de femmes et des femmes jeunes. C’est beau de voir que des femmes ont fait le pari de briguer les suffrages et de s’engager, ce qui amène une dynamique différente.»
Une femme en politique doit encore aujourd’hui faire face à une opinion publique qui peut parfois être plus dure envers elle qu’envers un homme. À des remarques sur son physique, sur sa sensibilité associée à tort à une faiblesse, sur ses relations amoureuses, etc. «Un gars qui se choque il a du caractère, si c’est une femme elle est émotive, commente Stéphanie Vallée. Malheureusement c’est encore comme ça, même si c’est appelé à changer. Je suis certaine que si un homme a une conjointe qui travaille dans les médias on n’en fait pas état, mais on beaucoup fait état de ma relation avec mon conjoint (Roch Cholette).»
Autre défi des femmes en politique, comme pour toutes celles qui souhaitent s’investir dans leur carrière : la conciliation travail-famille. Quand Stéphanie Vallée a été élue, ses enfants étaient tout jeunes. «Mon ex-conjoint, Louis-André, a été aidant, explique-t-elle. Mais les attentes à l’égard des femmes sont encore un peu plus traditionnelles. J’en ai pris beaucoup sur mes épaules, probablement par culpabilité d’être souvent absente. C’est très difficile de ne pas être près de nos enfants quand ils vivent des moments difficiles.»
Dernièrement, Stéphanie Vallée a annoncé qu’elle ne se représentera pas aux élections provinciales de l’automne prochain, afin de consacrer plus de temps à ses proches. Elle incite cependant les femmes à se lancer en politique et à prendre leur place. En vue de la prochaine élection générale, en 2018, les libéraux et les péquistes misent sur une zone paritaire de 40 à 60 % ; les caquistes s’engagent à recruter «le maximum de femmes» ; Québec solidaire vise pour sa part la parité.