La Vallée-de-la-Gatineau fait partie des régions qui ont été fortement touchées par les inondations au printemps dernier.

Plan d’action en matière de sécurité civile relatif aux inondations : Un plan d’urgence obligatoire pour toutes les municipalités

LA GATINEAU – Le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire et ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a dévoilé le Plan d’action en matière de sécurité civile relatif aux inondations.
Le déploiement d’envergure qu’a nécessité la situation historique des inondations du printemps dernier a donné lieu à des bilans, à des réflexions et à des échanges avec les partenaires quant à l’avenir. En s’appuyant sur les expériences vécues, le gouvernement du Québec dit qu’il se devait de mettre en œuvre de nouvelles façons de travailler avec ses partenaires «pour se donner les moyens d’améliorer la résilience du Québec».
Le plan d’action comporte 24 mesures regroupées sous trois thèmes principaux : pour un niveau accru de la mobilisation : un accroissement de la préparation, de la prévention et de la connaissance ; pour un accompagnement personnalisé : une nouvelle approche de la gestion du rétablissement ; pour faire face aux défis actuels et futurs : une évolution des pratiques.
Notons, par ailleurs, que le programme gouvernemental d’aide financière sera simplifié pour, entre autres, être en mesure de rembourser plus rapidement les personnes et les municipalités sinistrées. Cela fera l’objet d’une annonce spécifique au cours des prochaines semaines.
Le ministre a également annoncé un investissement immédiat de près de 50 M$ répartis ainsi : 20 M$ pour soutenir financièrement les municipalités dans l’élaboration de leur plan de sécurité civile (toutes les municipalités du Québec auront 18 mois pour se doter d’un plan de mesures d’urgence pour faire face à un désastre) ; 20,5 M$ pour actualiser la cartographie des zones inondables avec la Communauté métropolitaine de Montréal, la Communauté métropolitaine de Québec, la MRC de Maskinongé, la Ville de Gatineau et d’autres municipalités ; 6,9 M$ pour des travaux de recherche sur les zones inondables par l’organisme Ouranos qui aura notamment le mandat de réaliser des études exhaustives des crues historiques ainsi que des simulations, des scénarios et des analyses climatiques permettant de considérer les incidences des changements climatiques.
De plus, des sommes additionnelles seront réservées au budget 2018-2019 du gouvernement du Québec pour d’autres mesures liées au plan d’action. Le déploiement de plusieurs actions pourra donc débuter ce printemps.
«Il faut avoir l’humilité de reconnaître les choses comme elles sont, mais plus important encore, il faut avoir le leadership nécessaire pour mettre en œuvre les changements qui s’imposent, commente Martin Coiteux. C’est ce que propose le plan d’action déposé aujourd’hui. Le gouvernement du Québec souhaite accroître le niveau de préparation en amont et propose une nouvelle approche notamment pour la gestion du rétablissement. La sécurité civile doit reposer sur un partage clair des responsabilités entre les citoyens, les entreprises, les municipalités et le gouvernement du Québec. Le ministère de la Sécurité publique doit assumer un leadership fort et renforcer ses partenariats avec les parties concernées. Ce plan d’action représente donc un pas important pour améliorer notre résilience aux risques d’inondations, lesquels pourraient par ailleurs être plus importants dans le futur en raison des changements climatiques.»

Faits saillants
Les inondations du printemps 2017 ont touché plus de 5 300 résidences réparties dans 291 municipalités, et ce, dans 15 régions du Québec. Elles ont également forcé l’évacuation de plus de 4 000 personnes ainsi que la fermeture de plusieurs routes.
Une journée d’échanges s’est tenue le 19 décembre dernier afin de faire le bilan des inondations du printemps dernier et réfléchir à des pistes d’amélioration pour l’avenir. Des personnes sinistrées, des maires, des préfets, des organisations en sécurité civile ainsi que différents ministères y ont participé.
Concernant le traitement des dossiers des inondations printanières 2017 : plus de 6 090 demandes de réclamation ont été reçues ; à ce jour, près de 135 M$ ont été versés aux sinistrés et près de 9 000 avances ont été effectuées ; plus de 80 % des personnes sinistrées ont reçu entre 75 % et 90 % de l’aide financière pour effectuer leurs travaux. À titre comparatif, le ministère de la Sécurité publique reçoit environ quelques centaines de demandes de réclamation d’aide financière par année. En 2015-2016, plus de 28 M$ ont été versés à des sinistrés et, en 2016-2017, un peu plus de 20 M$ l’ont été.