Quand dame nature ne collabore pas : Une saison de motoneige à oublier

LA GATINEAU – Le constat est négatif. La saison de motoneige 2017-2018 est une véritable catastrophe à tous les points de vue et cela n’a rien à voir avec les Ours blancs. C’est la faute à dame nature dont l’instabilité a finalement eu des effets néfastes sur la pratique coutumière de la motoneige.
C’est l’avis du président directeur général du club de motoneigistes Les Ours blancs, Sylvain Marchand. «Mais aujourd’hui, mardi, il fait beau et ça va bien presque partout sauf sur les lacs où il n’y a pas de neige et où il peut s’avérer dangereux de s’aventurer puisqu’ils sont recouverts d’une glace vive qui peut être problématique pour une circulation sécuritaire.»
Dans tous les secteurs, ça roule bien. Les sentiers sont en bonne condition dans la Forêt de l’Aigle, dans le secteur du Black Rollway, de Montcerf-Lytton jusqu’au restaurant Le Classic de même que jusqu’au Domaine dans la réserve faunique La Vérendrye, de Grand-Remous vers Mont-Laurier. «De bonnes balades attendent les motoneiges dans ces secteurs», précise Sylvain Marchand.
Ce dernier est impliqué chez les Ours blancs depuis 1995. «Nous avons connu des débuts de saison difficiles, des fins de saisons hâtives, des redoux, mais entre tout ça, on arrivait à s’en sortir pour entre 8 et 10 semaines de pratique de la motoneige. Mais cette saison est particulière. Et pourtant, notre campagne de membership s’est fort bien déroulée puisque nous comptons actuellement quelque 700 membres, c’est 20 % de plus que l’an dernier. L’engouement pour la motoneige est tout à fait présent. Espérons que les conditions du temps seront au rendez-vous dans les prochaines années».

La motoneige

Des retombées économiques majeures pour la région

LA GATINEAU – Le président du club de motoneige Les Ours blancs, Sylvain Marchand, a profité du 5 à 7 organisé la semaine dernière par la Chambre de commerce de Maniwaki et la Vallée-de-la-Gatineau, au Restaurant Lachapelle à Kazabazua, pour présenter l’importance de la motoneige dans la région et les retombées économiques majeures de cette activité.
«Le club des Ours blancs fait partie de la Fédération des clubs de motoneige, qui a été fondée en 1974, a expliqué Sylvain Marchand. Le club a été fondé en 1977. Donc on parle d’un club qui a 40 ans, qui a de l’âge et de l’expérience. Dans ce temps-là, quand on faisait un pont pour un sentier, ça coûtait du gaz, des clous, de la corde et c’était fait. Aujourd’hui, ça prend des ingénieurs, des devis, des plans, des soumissions, plusieurs dizaines de milliers de dollars. Donc on est rendu ailleurs.»
Sylvain Marchand a profité de la rencontre pour remettre une documentation intitulée «Faits et mythes à propos de la motoneige et des sentiers d’hiver», rédigée par le Conseil américain des organismes de la motoneige. Il y est expliqué notamment qu’il y a plus de 112 000 kilomètres de sentiers de motoneige au Canada, dont plusieurs sont ouverts à d’autres utilisations récréatives, comme le ski de fond, le traineau à chiens, la raquette, la randonnée pédestre ou le vélo d’hiver. Ces sentiers sont financés uniquement par les motoneigistes et partagés ouvertement avec d’autres amateurs de plein air.
La motoneige génère plus de 8 milliards de dollars en dépenses annuelles au Canada et elle est responsable pour plus de 100 000 emplois à temps plein en Amérique du Nord. L’ensemble de son impact économique est particulièrement important dans plusieurs communautés rurales, où le tourisme relié à la motoneige aide à fournir des revenus et des emplois durant ce qui serait autrement une saison morte. Ceci aide plusieurs commerces à garder leurs portes ouvertes et les gens employés à l’année longue.
Ces dépenses génèrent également des recettes fiscales importantes pour les gouvernements. Selon l’Association internationale des constructeurs de motoneiges (ISMA Snowmobiling Fact Book 2014), le motoneigiste moyen est âgé de 44 ans. Environ 70 % de tous les motoneigistes actifs sont des hommes ; 30 % sont des femmes. Il y a plus de 666 000 motoneiges immatriculées au Canada. Le motoneigiste moyen conduit sa motoneige 2 600 kilomètres par année et dépense 4 000 $ chaque année sur les loisirs reliés à la motoneige. Le revenu familial annuel moyen pour les motoneigistes est de 68 000 $. Environ 53 % des motoneigistes remorquent leurs motoneiges pour aller se promener. Les autres 47% s’y rendent directement en motoneige à partir de leurs résidences principales ou bien de leurs maisons de vacances où ils gardent et utilisent leurs motoneiges.
Les motoneigistes recueillent plus de 3 millions de dollars pour les œuvres caritatives à chaque année – et cela est au-delà des levées de fonds et des autres travaux volontaires qu’ils font pour fournir des sentiers de motoneige publics.
La motoneige exige un investissement substantiel de dizaines de milliers de dollars pour une motoneige, les vêtements, une remorque, et un véhicule de remorquage. Elle représente également des coûts de voyages quotidiens substantiels pour le carburant, l’huile, les pièces de rechange, les droits d’utilisation et autres dépenses associées aux randonnées, comme la nourriture et souvent l’hébergement. En comparaison, il est beaucoup moins dispendieux de participer aux loisirs non motorisés. Les skieurs de fond et les raquetteurs peuvent entamer leurs sports pour aussi peu que 100 $ ou même 200 $ – leur équipement même le plus technologiquement avancé coûte des milliers de dollars de moins que les 6 000 $ à 14 000 $ pour les motoneiges. De plus, les coûts des randonnées quotidiennes pour les sportifs non motorisés sont presque rien comparés aux coûts des randonnées pour les motoneigistes.
Plusieurs provinces ont commandité des études afin de déterminer les impacts économiques spécifiques de la motoneige. Les retombées économiques varient selon les proportions des motoneigistes locaux / résidents (dépenses totales plus faibles) comparées aux niveaux de motoneigistes non locaux et non résidents (dépenses totales plus élevées par randonnée). Au Québec, une mise à jour d’une étude effectuée en 2001 déterminait que l’impact économique de la motoneige durant la saison 2011 se chiffrait à plus de 2 milliards de dollars. Cela incluait les dépenses directes par les motoneigistes, l’activité d’entretien des sentiers, ainsi que la construction et la vente à la fois des motoneiges et de l’équipement de surfaçage des sentiers. Plus de 250 millions de dollars en taxes furent recueillis aux niveaux des gouvernements provinciaux et fédéraux.
Quand Sylvain Marchand est arrivé au sein des Ours blancs, il y avait environ 450 membres. En 2015-2016, ils étaient 490 ; en 2016-2017, 600 ; en 2017-2018, 736. «On augmente de 20% à chaque année, explique-t-il. C’est le cas dans l’ensemble du Québec. Mais est-ce que la région va chercher sa part du gâteau comparée aux autres ? Je pense que non. Au Canada, il y a 112 00 km de sentiers, au Québec 33 000 km soit plus de sentiers de motoneiges que de routes asphaltées. La fédération comprend 13 régions administratives, 200 clubs. Ça représente 4 500 bénévoles, 800 000 heures de bénévolat. Malheureusement, il y a beaucoup de sentiers à l’extérieur de l’Outaouais. On perd beaucoup de touristes et d’argent parce qu’on manque de services. En Côte-Nord, les retombées économiques directes de la motoneige sont de 34 millions de dollars par année, en Gaspésie de 59 millions de dollars, l’Abitibi 59 millions de dollars, Québec 143 millions de dollars, les Laurentides 112 millions de dollars, l’Outaouais 32 millions de dollars. On manque une opportunité.»
Sylvain Marchand a aussi souligné que «présentement, 50% des clubs au Québec ont des revenus insuffisants, la distribution de l’argent est mal gérée. C’est pas normal que des clubs font 1 400$ du kilomètre et d’autres comme celui des Ours blancs 350$ du kilomètre. Il va falloir aussi trouver un moyen pour aider et remplacer les bénévoles qui sont épuisés, par exemple en ayant des employés permanents. Une des solutions, c’est le tourisme qui va nous permettre de faire survivre les clubs et contribuer à l’économie régionale. Plusieurs motoneigistes vont revenir l’été avec leur bateau, acheter un chalet, faire du vélo, etc. Il faut penser plus loin que ce que le motoneigiste est. Ce sont des gens qui ont des moyens, donc c’est une très belle clientèle à aller chercher».