Les parents de Audrey, Cindy Grondin et Patrick O’Neill, en compagnie de Tony Lecourt.

Trisomie 21 : Un tattoo pour soutenir la cause

La préfète, Chantal Lamarche, a rencontré la petite Audrey qu’elle a trouvé très attachante.

MANIWAKI – À l’approche de la Journée mondiale de la trisomie 21, la population était invitée durant la fin de semaine dernière à afficher son soutien à la cause en se faisant tatouer trois petits chevrons pointant vers le haut, représentant les trois chromosomes 21. Une initiative de Cindy Grondin et Patrick O’Neill, les parents de la petite Audrey. Ils se sont associés pour cela au tatoueur Tony Lecourt qui a ouvert les portes de son salon aux personnes prêtes à relever le défi. L’objectif était de sensibiliser la population à la trisomie 21 et faire évoluer les regards.
Cette idée d’un tattoo pour la cause a été lancée à l’origine par un groupe de parents au Texas. Cindy Grondin et Patrick O’Neill ont décidé d’implanter l’initiative dans la région et ce fut un succès car au total 56 personnes se sont présentées. Des proches mais aussi des membres de la communauté en général, venus pour certains d’aussi loin que Salaberry-de-Valleyfield ou encore Ferme-Neuve. Le coût du tatouage était de 40$, dont 10$ qui seront remis sous forme de dons. Les parents de Audrey auraient aimé remettre le montant final à la Fédération des personnes trisomiques. Mais en Outaouais, il n’en existe pas. «Pour cette année, j’ai donc décidé de remettre les dons au Centre Jean-Bosco, précise Cindy Grondin. Tony a accepté d’embarquer à 100%. Nous voulons le remercier d’avoir bien voulu se lancer avec nous dans cette aventure.»

Audrey invite la population à porter des bas dépareillés le 21 mars prochain.

Les gens étaient invités à venir se faire tatouer vendredi, samedi et dimanche dernier. Il était aussi possible de faire un don sans tatouage. La préfète de la MRC, Chantal Lamarche, a accepté de relever le défi en se faisant tatouer le symbole. «Ma tante, la sœur de ma mère, était trisomique, explique-t-elle. J’ai passé mon enfance avec elle. Elle est décédée à l’âge de 50 ans. C’est une cause qui me tient à cœur.» Pour Chantal Lamarche, qui a été présidente de conseil d’établissement, il est essentiel que les enfants trisomiques puissent intégrer une école et que des ressources soient mises à leur disposition, sans que leurs parents aient à se battre pour cela.

La trisomie 21
Audrey est une petite fille très attachante, âgée de 7 ans. Ses parents ont découvert qu’elle était trisomique à sa naissance. Née à 9h le matin, l’après-midi elle était sur une table d’opération car l’estomac et l’intestin n’étaient pas formés normalement. Par la suite sont état de santé s’est stabilisé. Aujourd’hui, Audrey est scolarisée à l’école Pie XII. Ses parents souhaitent qu’elle ait le plus possible une vie comme tout le monde, même si cela implique parfois de se battre pour qu’elle soit intégrée.
L’Association française pour la recherche sur la trisomie 21 a choisi en 2005 le 21 mars comme date symbolique pour sensibiliser à la trisomie 21, ce qui en anglais donne 3-21, date qui explique la présence de 3 chromosomes au lieu de 2. Il s’agit d’une anomalie chromosomique congénitale provoquée par la présence d’un chromosome surnuméraire pour la 21e paire.
C’est l’une des maladies génétiques les plus communes. Avec les progrès de la médecine et le suivi paramédical, la qualité de vie des personnes porteuses de trisomie 21 s’est considérablement améliorée, ainsi que leur espérance de vie. Mais la trisomie 21 reste encore aujourd’hui mal connue du grand public. Une journée mondiale a été mise en place, avec le soutien des Nations Unies, dans le but de mieux informer la population sur cette maladie et ses traitements.
Chaque année, à l’occasion du 21 mars, élèves et enseignants de l’école Pie XII portent des bas dépareillés pour Audrey. Ses parents invitent toute la population à faire de même le 21 mars prochain. Par ailleurs, pour les personnes qui n’ont pas souhaité se faire tatouer mais qui voudraient quand même soutenir la cause, des tatouages temporaires seront mis en vente jusqu’au 21 mars, date à laquelle ils seront invités à les porter avec leurs bas dépareillés, et les fonds amassés seront remis également au Centre Jean-Bosco. Pour s’en procurer, il suffit de contacter Cindy Grondin via Facebook. Il est aussi possible de se faire tatouer au salon de Tony Lecourt jusqu’au 21 mars. L’objectif : sensibiliser à la différence.

Chantal Lamarche, dont la tante était trisomique, a accepté de se faire tatouer.