Regroupement des locataires des terres publiques : De nouvelles hausses à prévoir pour les baux de villégiature

LA GATINEAU – Le Regroupement des locataires des terres publiques du Québec (RLTP) a entrepris une série d’assemblées régionales à travers la province. Plusieurs rencontres sont prévues pour le secteur Laurentides-Outaouais. Deux d’entre-elles ont eu lieu notamment dernièrement à Mont-Laurier et Gatineau. Les détenteurs de baux de villégiature, membres et non membres du regroupement, sont invités à ces assemblées d’information sur des dossiers qui les préocupent.
Comme l’explique Jacques David, président sortant du regroupement pour la région Laurentides-Outaouais, qui vient d’être nommé vice-président provincial, «le Regroupement des locataires des terres publiques concerne toutes les personnes qui ont un bail avec le ministère des Ressources naturelles. On donne des informations aux détenteurs de baux et on leur apporte de l’aide. On fait des représentations auprès des MRC et du ministère des Ressources naturelles».
Durant les assemblées régionales, il est en notamment question de la très forte hausse des prix des baux de villégiature ces dernières années. Plusieurs organismes ont dénoncé cette augmentation, craignant qu’elle nuise à l’accessibilité des terres publiques. En 2016, on parlait d’une hausse moyenne du loyer facturé par l’État de 167% pour l’ensemble du Québec. Pour certains secteurs, elle atteignait les 200 voire 500%. «Il va y avoir encore une augmentation dans deux ans, explique Jacques David. On se prépare à faire des représentations auprès du ministère des Ressources naturelles. Certaines personnes ont connu 500% d’augmentation. On travaille pour que les baux soient accessibles à tout le monde, surtout les classes moyennes».
Au sujet discuté, «présentement en Outaouais une MRC taxe les détenteurs de baux de villégiature pour l’entretien des chemins sur les territoires de la Couronne, explique Jacques David. Et d’autres MRC veulent le faire aussi. Le Regroupement des locataires des terres publiques s’objecte. Ça devrait être tous les utilisateurs payeurs. Ce qui nous choque le plus, ce sont les roulottes installées en forêt. Eux ne payent rien et on sait que les MRC ont le pouvoir de leur charger un droit de séjour. L’accès au territoire appartient à tous les citoyens du Québec et ça devrait être le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles qui paye pour l’entretien des chemins».
Durant les assemblées, il est aussi question de la MRC Maria-Chapedelaine, du Lac St-Jean, qui a fait une demande au ministère des Ressources naturelles pour ajouter un autre bail de villégiature sur les lacs de moins de 20 hectares. «Il existe déjà un bail de villégiature possiblement sur tous ces lacs, explique Jacques David. Donc le ministère veut donner aux MRC du Lac St-Jean la possibilité d’ajouter un bail à ceux-ci. Dans les années 2000, le ministère de l’Environnement voulant protéger les petits écosystèmes et leur biodiversité fragile, il avait été décidé d’exclure les lacs de moins de 20 hectares pour l’attribution de nouveaux terrains de villégiature, les quelques-uns existants déjà conservant ce droit acquis. Suite à ces critères d’environnement, le ministère des Ressources naturelles n’accordait plus de baux de villégiature sur ces lacs à la grandeur de la province. Le Regroupement des locataires des terres publiques s’objecte donc totalement à cette nouvelle volonté de donner à la MRC Maria-Chapedelaine et toute autre MRC l’autorisation d’ajouter un autre bail sur ces dits lacs, quand on sait que premièrement au Lac St-Jean il y a environ 5 000 lacs qui peuvent recevoir des baux et que deuxièmement le ministère des Ressources naturelles ne tient pas compte de la protection que le ministère de l’Environnement a déjà défendue. Suite à nos interventions, le ministère a reporté à janvier 2019 ce projet de loi. Nous continuerons à nous objecter».