Journées de la persévérance scolaire : Témoignage d’une jeune persévérante

MANIWAKI – Du 12 au 16 février seront soulignées les Journées de la persévérance scolaire (JPS). L’objectif est de mobiliser et activer la communauté autour des jeunes pour leur parler d’efforts, de persévérance, des risques du décrochage scolaire et des avantages d’un diplôme. Mais il s’agit aussi de rappeler à la population que la persévérance scolaire, c’est l’affaire de tous et que chaque jeune a besoin d’encouragements quotidiens. Pour l’occasion, voici le témoignage d’une jeune fille pour qui la persévérance n’est pas un vain mot : Alice Lafond, 15 ans.
Originaire de la région, Alice Lafond est actuellement scolarisée en secondaire 4 à la Cité étudiante de la Haute-Gatineau. Jeune fille souriante et épanouie, rien ne laisse entrevoir que son parcours scolaire n’a pas toujours été évident et qu’il lui a fallu s’accrocher pour monter chaque année de niveau.
Ses difficultés à l’école ont commencé dès le primaire, à cause d’une mauvaise paire de lunettes. «À partir de ma quatrième année, j’ai été capable d’écrire correctement, explique Alice. J’ai commencé à bien voir les lignes dans mon cahier.»
Par la suite, en cinquième année, Alice a reçu un diagnostic de dyslexie (trouble de la capacité à lire, ou difficulté à reconnaître et à reproduire le langage écrit) et dyscalculie (trouble de l’apprentissage du calcul). «Je mélange mes mots, les sons, explique-t-elle. Aussi, je vais pas nécessairement comprendre le sens d’une question, même si je suis proche de la bonne réponse. Par exemple, je vais donner mon numéro de téléphone à la place de mon adresse. C’était difficile de suivre un cours car les autres allaient plus vite, moi j’étais tout le temps un petit peu plus lente à comprendre. Mais j’ai eu beaucoup d’aide de mes professeurs et de ma famille.» Alice reçoit aussi le support de l’orthopédagogue de l’école : «Je la vois quand je réalise que ça marche pas et que j’ai besoin d’une mise à jour.»
Si elle a réussi à se rendre jusqu’en secondaire 4 malgré ses difficultés d’apprentissage, c’est grâce à beaucoup de travail et au prix de sacrifices. «Je dois faire le double du travail par rapport aux autres, explique Alice. À chaque soir, je fais de l’étude. Dans mes matières les plus difficiles, je pose des questions. J’étudie plus. Je vois moins souvent mes amis qu’un jeune normal. Mais c’est un sacrifice à faire pour pouvoir passer.»
Sa réussite, Alice la doit aussi au soutien de son entourage. Comme le dit le slogan, «la persévérance scolaire est l’affaire de tous». Une simple tape dans le dos peut parfois remotiver un élève sur le bord de décrocher. «Quand je suis rentrée en secondaire un et que j’ai eu beaucoup de la misère, j’ai pensé à ne plus aller à l’école, raconte Alice. Mais ma mère m’a aidée et grâce à ça je suis en quatrième secondaire.»
Plus tard, Alice rêve d’être enseignante. À son tour, elle aidera les enfants qui font face à des difficultés d’apprentissage et leur transmettra ce message d’encouragement : «Moi on m’a toujours dit, t’es belle, t’es bonne, t’es capable, vois plus tes réussites que tes échecs. Fais en sorte que tes réussites te mènent vers le haut. Pense pas à tes échecs, tu te reprendras la prochaine fois. C’est pas grave, t’es là pour apprendre.»