Candidat reconnu coupable d’agressions sexuelles : L’affaire sème l’émoi à Denholm

DENHOLM – Il y a quelques semaines, un candidat à un poste de conseiller municipal a retiré sa candidature après que des révélations le concernant aient été faites, indiquant qu’il avait été inculpé de nombreux chefs d’accusation à caractère sexuel en 2012. Dernièrement, Jean Durand a été reconnu coupable de 9 des 18 chefs d’accusation qui pesaient contre lui, dont grossière indécence, attentat à la pudeur, agression sexuelle et incitation à des contacts sexuels sur des mineurs. Depuis, l’affaire sème l’émoi à Denholm. 

Récemment, une lettre anonyme a été mise en circulation. Les auteurs de la lettre, qui demeurent inconnus, y écrivent notamment : «Nous voulons habiter dans une ville en sécurité, sans pourriture qui s’y promène librement». Ils réclament la démission de la conseillère Danielle Cillis, femme de Jean Durand, qui a été élue par acclamation dans le cadre des élections municipales ; la démission de la conseillère Marie Gagnon, ex-femme de Jean Durand, qui sollicite un nouveau mandat dans le cadre des élections municipales ; ainsi que des explications du maire Gaétan Guindon. 

Suite à cette lettre anonyme, Marie Gagnon a tenu à s’expliquer. Elle a vécu avec Jean Durand pendant 32 ans. «J’ai été sa deuxième femme, nous avons divorcé en 2010, explique-t-elle. Les faits qui lui sont reprochés ont eu lieu avec les enfants de sa première femme. J’ai eu deux enfants avec lui, qui sont adultes aujourd’hui, qui m’ont confirmé qu’il ne leur est jamais rien arrivé. En 2012, des accusations avaient été portées contre lui mais, comme c’était un dossier à huit clos, je n’avais pas de détails. J’ai appris ce qu’il s’était passé dernièrement. Je n’ai pas assisté au procès. J’ai été convoquée au procès comme témoin la journée-même.»

Marie Gagnon assure n’avoir jamais été au courant des faits qui sont reprochés à Jean Durand. Dernièrement, suite au courrier anonyme, elle a à son tour rendu publique une lettre dans laquelle elle écrit notamment qu’elle souhaite que «les citoyens et citoyennes de notre municipalité ne soient pas influencés par ces écrits mais bien par mes qualités et compétences en tant que personne et conseillère à leur service et à l’écoute de leurs besoins, et ce, depuis l’élection de novembre 2013». 

Marie Gagnon estime qu’il n’y a aucune raison pour laquelle elle devrait retirer sa candidature. «C’est rendu à un point où ce sont mes enfants et mes petits-enfants qui souffrent de la situation, explique-t-elle. Même mes petits-enfants, qui sont à l’école primaire, se sont faits menacer au couteau par d’autres enfants. Je veux passer le message que j’ai appris tout ça en même temps que tout le monde, je n’ai rien à voir avec ça. J’ai toujours servi ma municipalité de bonne foi et j’ai l’intention de continuer à le faire. Je ne voudrais pas que ces histoires viennent influencer ma vie car je n’ai rien à voir avec ça.»

Jean Durand s’était impliqué dans l’organisation d’activités comme la St-Jean ou la Fête des voisins. En plus d’avoir retiré sa candidature, il a cessé toute activité en lien avec la municipalité. De son côté, le maire, Gaétan Guindon, trouve la lettre anonyme «déplorable. Elle n’est même pas signée. Maintenant, c’est à madame Cillis et  madame Gagnon de décider comment elles vont se placer dans ce dossier. Ce qui important, c’est que nous, comme municipalité, on va s’assurer que les directives données par la cour vont être respectées. Mais on n’a aucun pouvoir sur ce qui s’est passé au niveau criminel. Moi, comme la majorité des gens, j’ai appris le tout dernièrement, on n’avait aucune idée de ce qu’il s’était passé avant. On a reçu plusieurs appels, les gens voudraient qu’on fasse quelque chose, mais ça ne relève pas de la compétence de la municipalité».

À noter qu’il n’y a rien dans la loi qui oblige un proche d’une personne accusée à démissionner de ses fonctions de conseiller(ère) municipal(e).