Le permis des Laboratoires de Chalk River : Le Conseil tribal s’y oppose fermement

KITIGAN ZIBI ANISHINABEG – Le Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg (CTNAA) figure parmi les groupes qui s’objectent au renouvellement de contrat d’une durée de 10 ans demandée par les Laboratoires de Chalk River relativement à la disposition des déchets nucléaires.
Les Laboratoires nucléaires canadiens, une entreprise privée, proposent de stocker en permanence des déchets nucléaires à proximité de la rivière des Outaouais à Chalk River. Qui plus est, l’entreprise présente également une demande de renouvellement de son permis d’exploitation pour une durée de 10 ans, la plus longue jamais accordée.
Trop long
Questionné sur le sujet, Norman Odjick, directeur général du CTNAA, qui a participé à la manifestation de jeudi dernier à Ottawa contre le renouvellement de ce contrat, estime que l’exercice est dangereux en ce sens qu’il y a trop de risque pour l’environnement et principalement pour l’eau potable.
«Ce n’est pas clair. Plusieurs de nos questions demeurent toujours sans réponse. Personne ne peut nous garantir que les déchets nucléaires ne couleront pas dans la rivière des Outaouais. Cette possibilité représente un danger constant, non pas que pour notre peuple, mais pour tout le monde. C’est pourquoi, avec la collaboration de divers groupes soucieux de la protection de leur environnement, nous avons embauché un expert avec le mandat de nous produire une étude sur l’impact environnemental sur le mandat que s’est donné Les laboratoires nucléaires canadiens. Et une entente de 10 ans, c’est beaucoup trop long. S’il faut en arriver à une entente, nous souhaiterions un échéancier beaucoup plus court, de trois à cinq ans, tout au plus», précise Norman Odjick.

La crainte
Les déchets nuclaires sont une source majeure de préoccupation pour les citoyens, les organismes et les municipalités, y compris les millions de citoyens qui vivent en aval de la rivière des Outaouais et qui y puisent leur eau potable.
Les citoyens qui ont participé à la marche de protestation qui a pris naissance sur la Colline parlementaire ont partagé le symbole du canoë rouge dans le centre-ville d’Ottawa. Les manifestants ont profité de leur marche pacifique pour remettre des lettres aux élus et des feuillets d’information aux passants.
Les audiences de renouvellement de permis devant la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) se tiennent cette semaine à Pembrooke. Les groupes qui s’opposent à cette demande des Laboratoires nucléaires canadiens seront sur place pour indiquer leur désaccord et leurs craintes en ce qui concerne l’environnement de la rivière des Outaouais.
Le CTNAA a fait front commun avec la Nation anishinabek, Garde-rivière des Outaouais, Concerned Citizens of Refrew County and Area ainsi que Stop oléoduc Outaouais dans l’organisation de cette conférence de presse et de la marche de manifestation dans les rues de la ville d’Ottawa.