L’accès aux plans d’eau publics : Les pêcheurs sportifs se méfient des municipalités

LA GATINEAU – L’époque où la pêche avec une petite embarcation était une activité abordable est maintenant révolue au Québec. L’Association des Pêcheurs sportifs du Québec (APSQ) presse le bouton d’alarme et demande au gouvernement du Québec de refaire ses devoirs et de faire respecter la loi en ce qui concerne l’accès aux lacs pour les pêcheurs sportifs.

L’inaction du gouvernement, selon l’APSQ, fait en sorte que plusieurs municipalités s’ajoutent à celles qui ont imposé des tarifs pour l’accès à leurs rampes de mise à l’eau. Il en coûte désormais entre 15 $ et 50 $ quotidiennement presque partout le long du fleuve St-Laurent.

Un paiement unique

Plusieurs municipalités poussent même l’audace jusqu’à demander un paiement unique variant de 300 $ à 600 $ pour la saison. C’est le cas pour les villes de Repentigny, Varennes, Verchères et Contrecoeur. Plusieurs municipalités des Basses-Laurentides (tout près de chez nous) vont jusqu’à interdire l’accès en chargeant des tarifs quotidiens allant de 300 $ à plus de 500 $. Il va sans dire, selon l’APSQ, qu’à ces prix, il n’y a pas grand monde qui va y mettre leur embarcation à l’eau. Il appert que ce fléau se répand tranquillement aux régions de l’Outaouais, Lanaudière, Centre-du-Québec et Québec.

La privatision à outrance

Dans un communiqué qu’elle émettait lundi, l’APSQ, est déterminée, avec la complicité de ses membres, de mettre un frein à cette tendance de la privatisation à outrance. Ils ont en effet voté une résolution afin de mandater une firme d’avocat afin de mettre en demeure les municipalités de Barkmere (Lac-des-Écorces) et Ivry-sur-le-Lac (Lac Manitou) d’abroger plusieurs règlements servant à restreindre l’accès aux non-résidents de leur municipalité prétextant que c’est pour des raisons environnementales.

Une procédure illégale

Selon l’APPQ, il est illégal de restreindre l’accès et le type d’embarcation et de motorisation si ledit plan d’eau n’est pas listé dans les annexes 1 à 8 du règlement fédéral sur les restrictions visant l’utilisation des bâtiments DORS/2008-120. Ce règlement qui est exclusivement de compétence fédérale liste les lacs qui sont assujettis à des limites de vitesse, où les bâtiments à propulsion mécanique ou électrique sont interdits, où la motorisation mécanique ou électrique des bâtiments est assujettie à des limites de puissance, où il est interdit de tirer une personne sur tout équipement sportif ou récréatif et de surfer dans le sillage d’un bâtiment, aux heures autorisées. Si le lac n’est pas inscrit dans l’un ou plusieurs annexes de la loi fédérale, il est interdit de restreindre le type d’embarcation et d’en limiter la force de moteur.

Pas trop bon pour la pêche sportive

L’industrie du nautisme lié à la pêche sportive en est affectée. La majorité des marchands qui vendent des embarcations de pêche sont d’accord pour dire qu’il y a une baisse de la demande pour les bateaux de pêche. Compte tenu de la fermeture de plusieurs concessionnaires de bateaux ces quatre dernières années. Par conséquent, la demande pour les autres types d’embarcations comme les bateaux de Wake et les pontons sont en hausse. Plusieurs personnes qui ont acheté des petites embarcations de pêche ont confié à l’APPQ qu’elles regrettaient leurs achats, car elles devaient parcourir de trop grandes distances pour pouvoir mettre leur embarcation à l’eau.

L’APPQ invite la population à soutenir ses démarches légales en contribuant à la campagne de financement sur le site web http://www.APSQ.ca. Plus l’association aura de l’argent, plus elle sera en mesure de poursuivre d’autres municipalités qui contreviennent à la loi.