Nathalie Larche est entourée de André Larche, Mireille D’Aoust et le bénévole, André Legris.

Bilan 2017 de l’Entraide de la Vallée : La faim n’a pas de fin

MANIWAKI – Le scénario du film est le même depuis plusieurs années. La mise en scène n’a pas été modifiée non plus. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, quelques milliers de personnes de la Vallée-de-la-Gatineau souffrent de manque alimentaire. L’Entraide de la Vallée poursuit son mandat de nourrir les affamés de chez nous. C’est pas des farces.

«L’année 2017 a été très occupée. Nous sommes arrivés à préparer 23 000 repas qui ont été transformés et distribués sur le territoire, dans les centres de dépannage et Maniwaki et Gracefield. En plus de récupérer les denrées non périssables telles le yogourt, le fromage, le lait qu’on offre aux centres de dépannage. En 2017, nous avons récolté quelque 123 000 livres de nourriture qui ont été transformées et redistribuées par l’Entraide. Nous avons noté une légère augmentation dans les demandes mais 2017, dans l’ensemble, a été similaire à 2016», précise Nathalie Larche, directrice générale de l’Entraide de la Vallée.

La guerre se poursuit

Mais le problème de la faim n’a toujours pas été solutionné dans la Vallée-de-la-Gatineau. Nathalie Larche rajoute que c’est pas demain la veille. L’offre n’a pu suffire à la demande durant la périodes des fêtes. «Malgré la collaboration traditionnelle des Chevaliers de Colomb, plusieurs familles qui attendaient un panier de nourriture durant les fêtes n’ont rien eu. Trop de demandes. Il a fallu procéder par une sélection puisque nous n’en avions pas pour tout le monde. Une situation crève-cœur pour tous les membres de notre équipe.»

Les finances

«Comme ci, comme ça !» L’Entraide de la Vallée ne bénéficie pas de budgets annuels récurrents pour poursuivre sa mission. Certes, nous profitons du Programme de soutien aux organismes avec la CISSSO. Mais, si ce n’était de cette aide financière de 60 000 $ par année que nous recevons du Groupe Heafy depuis quelques années, l’Entraide ne pourrait fonctionner comme c’est le cas actuellement. Nous remercions M. Peter Heafy qui est venu nous rencontrer et qui a été particulièrement fier du succès de notre campagne de levée de fonds pour la rénovation de notre quartier général de transformation de la nourriture sur la rue de la Montagne à Maniwaki. Centraide nous aide également. Si jamais la demande continue d’augmenter, nous serions obligés d’agrandir notre quartier général. Pour l’instant, ça va.»

Pas de frigo

Incroyable ! Nathalie Larche s’informe régulièrement auprès des intervenants qui sont sur le terrain pour servir les familles en besoin alimentaire et les commentaires qu’elle reçoit sont vraiment déplorables. «Certaines familles n’ont même pas de frigo. Il n’y a pas de manger sur la table. Les gens qui croient que nous exagérons seraient très surpris s’ils venaient s’en rendre compte sur le terrain. Le besoin est toujours là. C’est difficile à comprendre que des familles de chez nous ne mangent pas à leur faim. Nous sommes en 2018. Nous poursuivons notre mission afin de répondre aux besoins des familles de chez nous.»

L’Entraide de la Vallée qui compte cinq employés, dont un à temps partiel, (Nathalie Larche, André Larche, Lucille D’Aoust, Kevin Guilbault et Wayne Millar), peut compter sur un conseil d’administration dont les membres sont très efficaces. Au moins cinq d’entre eux y siègent depuis les tout débuts. Le conseil est composé du président fondateur, Michel Cyr, Pierre Mathieu, vice-président, Raymonde Carpentier, secrétaire, Germaine Morin, trésorière, Rachel Auger du Pain quotidien, Michel Riel et Robert Éthier.