Roger Nolan, de Maniwaki.

Une plainte contre le système de santé : «Un combat inégal pour le simple citoyen que je suis – Roger Nolan

MANIWAKI – Roger Nolan, de Maniwaki, un usager du système de santé québécois, a logé une plainte auprès du ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette, en date du 13 février dernier à la suite d’un mauvais traitement lors de son hospitalisation aux soins intensifs de l’hôpital de Maniwaki le 30 janvier dernier.

«Durant mon séjour aux soins intensifs, j’ai été émerveillé par autant de dévouement et d’attention de la part de tous les membres de l’équipe que ce soit les médecins, les infirmières et les autres employés mais le lundi matin du 30 janvier, tout a basculé.»

Dans une lettre, qui se veut une plainte contre le traitement qu’il a reçu à l’hôpital de Maniwaki, le plaignant dresse l’historique des faits au ministre Gaétan Barrette. Le tout a débuté par une très brève rencontre avec la Dre Grace Anna Zoghbi qu’il voyait pour la première fois de sa vie.

«Je lui souligne que je n’avais pas réussi à dormir depuis près de 30 heures et que j’étais mort de fatigue. Je lui ai demandé si je ne pouvais pas avoir mon congé de l’hôpital en après-midi étant donné que mon épouse me visitait et que je pourrais retourner avec elle car j’avais la conviction que chez moi, il me serait possible de récupérer plus facilement. La seule réponse a été qu’elle repasserait plus tard. Avant de quitter, elle m’a informé qu’un cardiologue, (Dr Stéphane Quenneville de l’hôpital de Hull) était à Maniwaki. Pas un seul mot de plus.»

La situation s’envenime

Quelques minutes plus tard, le Dr Stéphane Quenneville entre dans la chambre en courant d’air. «Il s’installe au bout de mon lit et, sans même se présenter, commence à s’en prendre à moi verbalement, d’une façon violente, il criait pratiquement. Puis il me lance : que si le Dr Rafid Haidar a déjà décidé de vous donner Lipitor, c’est qu’il savait que vous étiez capable de le prendre. Que, si le pharmacien Maurice Nault (nonagénaire qui habite la résidence La Belle Époque) a dit que vous ne prendriez pas Lipitor, c’est qu’il est un incompétent et qu’il ne connaissait pas son travail.»

Puis, selon Roger Nolan, le Dr Quenneville a soudainement changé de sujet en disant qu’une ambulance allait le transporter à Hull. «Je lui ai indiqué que présentement, je n’avais vraiment pas la force de faire le trajet Maniwaki-Hull en ambulance. Il a alors bondi de sa chaise et il a quitté la chambre en vociférant. Je ne comprenais pas ce qu’il disait.»

Il a été informé, un peu plus tard, par une infirmière, qu’il s’agissait du Dr Stéphane Quenneville, un cardiologue de l’hôpital de Hull. «Comment se fait-il qu’un médecin de Hull puisse s’en prendre à moi alors que je ne le connaissais pas. J’étais cloué sur mon lit d’hôpital avec une pression artérielle qui frôlait le 200. Je ne suis quand même pas un enfant, je suis âgé de 82 ans. En s’en prenant au pharmacien Maurice Nault qu’il ne connaît probablement pas, il s’attaquait à une personnalité de la région, issue de l’une des plus belles familles de Maniwaki et dont la compétence en pharmacologie n’avait jamais été mise en doute. Un neveu de M. Nault (Le Dr Patrice Nault) est un imminent chirurgien vasculaire.»

Pas de suite

La Dr Grace Anna Zoghbi devait repasser le voir. Il s’est informé auprès d’une infirmière quant elle allait revenir. Elle a vérifié pour apprendre qu’elle ne repasserait pas. Elle lui a indiqué que s’il voulait quitter l’hôpital, il n’avait qu’à signer la feuille de sortie et qu’il n’aurait aucune prescription.

«En un mot, la Dre Zoghbi mettait fin au traitement qui avait débuté la veille, soit avec des antibiotiques et de la cortisone. Mon médecin de famille et ma pharmacienne ont vainement tenté d’obtenir la liste des médicaments pour poursuivre mon traitement mais ce fut impossible. J’ai pu recommencer à prendre des antibiotiques cinq jours plus tard suite à un rendez-vous avec mon médecin de famille. Cette façon d’agir de la Dre Zoghbi me laisse plutôt perplexe et elle démontre, selon moi, le manque de conscience professionnelle de cette dernière.»

Les relations avec le Dr Haidar

C’est vers la fin des années 1990 que Roger Nolan rencontre le Dr Rafid Haidar, interniste à l’hôpital de Maniwaki. «À diverses reprises, je me souviens fort bien que ce dernier me répétait régulièrement qu’il était originaire de Russie et qu’il était même né à Moscou comme s’il voulait m’impressionner. Il me forçait à prendre le médicament Lipitor même s’il ne me convenait nullement. Il me rendait tellement faible que je devais me tenir après les murs pour me rendre à la salle de bains. Et, une bonne journée, j’ai décidé d’arrêter de prendre le médicament et il ne m’a jamais pardonné. En septembre 2000, j’ai eu droit à trois pontages coronariens à l’Institut de cardiologie d’Ottawa et, deux semaines plus tard, on m’informait que mon cas avait été étudié sérieusement et qu’il a clairement été démontré que j’étais allergique aux statines et qu’en continuant à prendre le Lipitor, je risquais d’affecter sérieusement ma santé et à mon retour à Maniwaki, j’en informais le Dr Haidar lequel me fit une vraie crise. Il criait en disant qu’il téléphonerait à Ottawa pour leur dire qu’ils sont une bande d’incompétents.»

Les demandes de Roger Nolan

Roger Nolan a indiqué au ministre Barrette qu’il n’avait pas l’intention de se croiser les bras en attendant une prochaine visite à Maniwaki. Il a la ferme intention de se battre pour que ses droits soient respectés.

Il demande que des sanctions soient prises contre le cardiologue Stéphane Quenneville de l’hôpital de Hull afin que son nom soit rayé de la liste des spécialistes de Hull qui se rendent à l’hôpital de Maniwaki et que jamais plus un patient ne soit victime de ses sautes d’humeur et que, advenant le cas ou il aurait à se rendre à l’hôpital de Hull, que jamais le Dr Quenneville ne lui soit assigné comme cardiologue ou qu’il soit autorisé à fouiller dans son dossier médical; que la Dre Grace-Anna Zoghbi qui était en devoir aux soins intensifs le matin du 30 janvier dernier soit pénalisée pour son manque de conscience professionnelle; quant au Dr Rafid Haidar, il serait sûrement temps de le pousser vers la sortie car, étant donné qu’il est ici depuis très longtemps, il s’imagine sûrement qu’il a tous les droits ce qui l’autorise même à faire ses lois et à conserver le contrôle de ses collègues et que des mesures soient prises afin que jamais plus il ne soit importuné, directement ou indirectement, par le Dr Haidar.

Du bon travail

Roger Nolan soutient qu’à la suite de l’envoi de sa plainte au ministre Barrette, son attaché politique a fait de l’excellent travail dans le dossier. Mais, pour une raison qu’il ignore, il n’a plus entendu parler de lui alors que sa plainte adressée au ministre a été refilée au commissaire aux plaintes pour l’Outaouais, Louis-Philippe Mayrand. «C’est ce que je voulais éviter parce que je n’ai jamais eu de commentaires positifs à son endroit. On m’a également informé que ma plainte était sensée être étudiée par un médecin examinateur. Ils se connaissent tous dans le réseau. Le citoyen n’a pas de chance de gagner sa cause. Le scénario était écrit à l’avance.»

Roger Nolan a une dernière question à poser en rapport avec sa plainte et elle s’adresse au président directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais, M. Jean Hébert : «Comment expliquer qu’un médecin de l’hôpital de Hull, Stéphane Quenneville, vienne à l’hôpital de Maniwaki pour s’en prendre à un patient hospitalisé aux soins intensifs ainsi qu’à l’intégrité d’un vénérable citoyen, soit le pharmacien Maurice Nault, aujourd’hui âgé de 90 ans, tout cela avec la complicité du Dr Rafid Haidar, de l’hôpital de Maniwaki. Et qu’au lieu de réprimandes de la part du Bureau du commissaire aux plaintes, Louis-Philippe Mayrand, ils s’en sortent avec tous les honneurs».

Roger Nolan n’aura jamais une réponse à sa question de la part de M. Jean Hébert et La Gatineau non plus. Nous avons discuté avec Mme Geneviève Côté, agente d’information-relations médias au CISSSO pour connaître la version du CISSSO sur cette plainte logée par M. Nolan et elle nous a fait parvenir la réponse à nos questions par courriel : «Le CISSS de l’Outaouais ne commente pas les plaintes que le commissaire aux plaintes et à la qualité des services reçoit. Le processus est donc présentement en cours et M. Louis-Philippe Mayrand (qui a annoncé sa retraite prochaine du réseau) enquêtera comme il se doit. Il nous fera des recommandations si nécessaires, lesquelles seront prises en considération par l’organisation, comme c’est toujours le cas.»

«Je ne vais pas en rester là. Je vais continuer à réclamer justice même si je sais que les chances très minces que je puisse obtenir gain de cause», conclut Roger Nolan.