Les Algonquins de Lac Barrière lors d’une manifestation à Montréal.

Exploitation minière au Lac Barrière : Solidarité Lac Barrière s’y oppose

LA GATINEAU – Les Algonquins ont toujours refusé les activités minières sur les territoires pour lesquels Copper One détient des claims. La communauté du Lac Barrière dénonce avec véhémence que la Loi sur les mines n’oblige aucune consultation auprès des nations autochtones, un non-sens selon les Algonquins qui y habitent.

La transaction de 8 millions $ entre le gouvernement du Québec et la compagnie minière Copper One a été approuvée le 20 décembre dernier après un long litige entourant les droits d’exploration du projet Rivière Doré, près de la collectivité autochtone de Lac Barrière. Les titres miniers de Rivière Doré, maintenant la propriété de la Société québécoise d’exploration minière (SOQUEM), sont toujours ouverts pour une éventuelle relance du projet selon le journaliste Marc-Olivier Thibault, de Radio-Canada.

Rachat des titres

D’ici peu de temps, Québec devra verser le montant afin de racheter les titres miniers de l’entreprise pour son projet situé dans la réserve faunique La Vérendrye. Les titres miniers de rivière Doré demeureront toujours ouverts pour une éventuelle relance du projet. Les manifestations passées des Algonquins de Lac Barrière avaient contraint Québec à suspendre, à deux reprises, les claims miniers. La communauté est en négociation avec Québec depuis 2015 pour une cogestion des ressources du territoire.

Le «Vivre ensemble»

Valérie Fillion, présidente de l’Association de l’exploration minière du Québec, confiait à Radio-Canada, que le gouvernement doit travailler sur la définition d’un meilleur «vivre ensemble». «On sur des mythes et des fausses croyances. Les gens pensent que l’on travaille encore comme en 1900. Ce n’est pas du tout ça.»

Que sont les droits ancestraux ?

Le porte-parole de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine, Ugo Lapointe, croit que le trésor québécois aurait pu éviter de payer 8 millions $. Selon lui, si les droits ancestraux avaient été inclus dans la Loi sur les mines, l’entreprise aurait eu une meilleure connaissance des risques à développer sur un territoire autochtone.

«Tout le volet droit autochtone, droit constitutionnel n’a pas été couvert par la réforme de 2013. Et tant qu’on ne comblera pas ce trou béant là, il y aura d’autres conflits similaires dans l’avenir qui vont coûter au trésor public des sommes importantes.»

La surveillance

Le groupe Solidarité Lac Barrière veille au grain. Malgré la suspension des claims par le gouvernement du Québec en février 2017, Copper One ne cesse de répéter son intention de poursuive ces activités d’explorations. Dans les derniers mois, les Algonquins de Lac Barrière ont résisté à l’effort de la compagnie Copper One à développer une éventuelle mine à ciel ouvert au cœur de leur territoire.

La communauté accepte certaines formes de développement responsable sur son territoire, mais a décidé que l’exploitation minière est inacceptable. Cooper One essaie maintenant, selon Solidarité Lac Barrière, de faire avancer leurs claims miniers par la voie des procédures judiciaires.

La Nation Algonquine de Lac Barrière tente depuis des années de conclure avec Québec une entente de cogestion des ressources renouvelables du territoire. Une première entente a été signée en 1991 avec Québec et Ottawa, puis une deuxième en 1998 avec Québec. Mais ces ententes n’ont jamais été respectées et mises en œuvre par les gouvernements.

En 2006, une entente consensuelle a été recommandée à Québec par les deux négociateurs spéciaux au dossier, MM. Clifford Lincoln, pour le Lac Barrière, et John Ciaccia pour Québec. Malheureusement, Québec n’a jamais entériné ni mis en œuvre cette entente. Les négociations ont repris en 2015 avec le gouvernement de Philippe Couillard et elles sont toujours en cours.