Le sculpteur Donald Doiron nous présente la maquette de son orignal qui deviendra la pièce-maîtresse d’un sentier thématique au Parc Oméga à Montebello.

Le Draveur aura 30 ans en juillet 2018 : «Un orignal… Une drôle de bête à faire» – Donald Doiron

MESSINES – Le draveur entreprend un 30e hiver au parc qui porte son nom dans le centre-ville de Maniwaki. Solide comme le roc, il n’est pas prêt à sauter les feutres. Son auteur, le sculpteur Donald Doiron, travaille à une sculpture qui lui a été commandée par le Parc Oméga de Montebello. Voici l’histoire d’un orignal, le roi des cervidés.

Deux sculptures, deux parcs. «Le projet remonte à janvier 2016. Je reçois un appel de Olivier Favre, propriétaire du Parc Oméga qui me demande de sculpter un orignal qui deviendra la pièce maîtresse d’un sentier thématique au parc. Pour moi, il s’agissait d’un retour à l’art figuratif. C’est une drôle de bête à reproduire tellement il est difforme. Et ce museau spécial qu’il a, et ce panache. Et en plus, il faut qu’il soit en mouvement sur 12 pieds de hauteur. C’est majestueux comme projet. Autrement, dit, c’est loin d’être un bibelot. Nous nous sommes finalement entendus sur le projet et j’y tavaille depuis ce temps. L’œuvre devrait être livrée le printemps prochain», précise l’Acadien Donald Doiron.

La maquette

Donald Doiron s’est mis résolument à la tâche. Il a d’abord créé plusieurs maquettes avant d’en arriver à un choix final. L’orignal, en voie de création, est à l’extérieur de son atelier mais il ne rend pas justice au travail effectué jusqu’à maintenant. On voit fort bien qu’il est en mouvement. La maquette est révélatrice de l’œuvre qui est en cours de création.

«Mes collègues sculpteurs Denis Marceau et Béla Simo sont venus me prêter main forte dans les travaux de préparation de l’armature. Mais là, j’en suis en la conception de la tête dans mon atelier. C’est un travail minutieux qui est nettement plus exigeant que le draveur. Reproduire un orignal sur toile, ça va, mais le sculpter, c’est une autre paire de manches. C’est pas évident. Je fais un pas en avant et je dois reculer d’un pas pour corriger, pour m’assurer de la justesse de l’animal. Mais ça va bien. Ça me rappelle le temps où j’ai travaillé à la création du draveur.»

Les 30 ans du Draveur

Le Draveur aura 30 ans en juillet prochain. Le Draveur est un projet de création qu’il avait soumis à la Ville de Maniwaki à l’époque où Robert Gendron en était le maire. Il avait expliqué son projet au ministère de la Culture du Québec qui s’était alors engagé à investir autant d’argent qu’il allait en récolter dans le cadre d’une campagne populaire de levée de fonds qui n’a cependant pas obtenu le succès espéré.

«Le milieu a hésité à embarquer si bien que nous n’avons pas atteint les 15 000 $ prévus. Michel Merleau, alors directeur général de la Ville, a donné le feu vert au projet en affirmant qu’on allait bien trouver l’argent qu’il fallait pour le terminer. Vous savez, les artistes font toujours des compromis et le draveur n’y a pas fait exception. Aujourd’hui, cependant, j’ai changé mon fusil d’épaule à ce sujet.»

Donald Doiron se dit très fier de son draveur. «Il est là pour longtemps. Cette sculpture m’a mis au monde comme sculpteur. Le milieu m’a accepté et la réputation du draveur a fait en sorte de me propulser dans le monde des arts en région et à l’extérieur.»

La chasse-galerie

Donald Doiron est un de ceux qui croit mordicus que la légende de la chasse-galerie pourrait être un gros plus dans la signature touristique de la Vallée-de-la-Gatineau. «J’en ai discuté avec Louis-André Hubert. J’ai déjà réalisé sept petites sculptures différentes sur les personnages de la chasse-galerie. J’espère que ces travaux auront une suite».

Après avoir dégusté un succulent gombo (un ragoût originaire de la Louisiane au cours du XVIII siècle et qui est toujours aussi populaire) qu’il a lui-même préparé, nous avons visité son atelier où il travaille à la réalisation de son fameux orignal.

«Feeling gmmbo (en anglais), comme le chantait si bien Hank Williams qui faisait souvent appel à des musiciens Louisianais pour son groupe. C’est toujours aussi bon.»

Puis il nous a parlé de son bon ami Zachary Richard qui lui rend visite à l’occasion. «L’histoire de l’Acadie, je pourrais vous en parler pendant des heures». C’est ce que nous ferons un de ces jours.