Dans l’ordre habituel, on reconnaît Jennifer Nolan, Denis Marceau, Mario Danis, Denis Labelle, Sylvie Grégoire, Robert Bergeron, Donald Doiron, Marc Grégoire, Catalina Gonzalez-Hilarion, Julie Martineau, Chantal Leblanc, Chantal Bonin et Nathalie Boileau.

Rencontre culturelle à Blue Sea : Front commun en faveur de la chasse-galerie

BLUE SEA – La légende de la chasse-galerie revient dans l’actualité régionale. Il en a été question à la rencontre culturelle qui a mené à un remue-méninges étonnant dans la matinée du mercredi 13 décembre dernier au presbytère de Blue Sea.

Cette rencontre, proposée par Jennifer Nolan de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau (MRC-VG) et Denis Marceau, membre-représentant de la région au sein de Culture Outaouais, a donné lieu à une discussion franche entre la quinzaine de personnes présentes qui a mené à divers constats dont un des principaux est le caractère particulier de la Vallée-de-la-Gatineau «à laquelle il faut donner une signature culturelle et touristique qui la différencie des autres régions du Québec».

La chasse-galerie

Cette légende s’applique tout particulièrement à l’histoire de bûcherons québécois de la Gatineau qui font un pacte avec le diable afin de faire voler un canot pour qu’ils puissent rendre visite à leurs blondes. Ils devront cependant éviter de blasphémer durant la traversée, ne point heurter le canot aux clochers d’une église et être de retour avant six heures le lendemain. Dans le cas contraire, ceux-ci perdraient leurs âmes. La version la plus connue est celle publiée en 1900 par Honoré Beaugrand. Cette histoire remonte à la légende française d’un homme noble et riche qui aimait chasser. Il aimait tellement chasser, qu’un jour, il décida de ne pas aller à la messe du dimanche. Sa punition fut d’être condamné à errer dans le ciel, pourchassé par des chevaux galopants et des loups hurlants. Telle est décrite la légende sur Wikipédia.

Cette idée d’un front commun afin de travailler au projet de signature de la Vallée-de-la-Gatineau en l’imprégnant de la légende de la chasse-galerie a été lancée par Marc Grégoire lors de cette rencontre culturelle. Le troubadour Benoit Solomon en avait également parlé lors de son spectacle tout récemment en l’église de Blue Sea.

«Nos villages se vident. J’ai été sensibilisé tout dernièrement au problème en écoutant Fred Pellerin qui en pleurait tellement il était attristé par le sort des villages du Québec. Je me dis que nous devons nous inscrire en «refus global» de mourir à petits feux. Nous vivons dans la région de la chasse-galerie. Nous avons tout avantage à nous regrouper et à travailler en fonction de mettre en place les mécanismes pour en arriver à une signature touristique et culturelle qui nous ressemble et nous rassemble. Il nous faut un plan. Tout d’abord, il faut créer une cellule de gens intéressés à y travailler», affirme Marc Grégoire.

«Je dois dire que c’est un bon timing. Nous remarquons également le même scénario quand il est question de tourisme, de plein air et d’agriculture. Nous avons tout ce qu’il faut mais il faut d’abord qu’on se regroupe, qu’on apprenne à travailler ensemble», ajoute Jennifer Nolan.

Les constats

Jennifer Nolan et Denis Marceau ont laissé les gens s’exprimer. À tour de rôle, Julie Martineau, de Culture Outaouais, le sculpteur Donald Doiron, le maire de Kazabazua, Robert Bergeron, Mario Danis de la MRC-VG, Chantal Leblanc de la bibliothèque de Bouchette, Catalina Gonzalez-Hilarion du ministère de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Boileau, vice-présidente de l’Association des amis du presbytère de Blue Sea, Sylvie Grégoire, artiste enseignante et fondatrice de la Galerie du presbytère, Chantal Bonin, administratrice des Amis du presbytère, ont exprimé leur opinion sur ce qu’est et devrait être la culture val-gatinoise. Robert Bergeron a parlé d’instaurer un circuit touristique et culturel dans le sud de la MRC de même que de l’importance d’acheter localement, que ce soit au sud ou au nord de la MRC. Denis Labelle a parlé du Festival des arts de la scène val-gatinois qu’il organise avec sa conjointe Nadine Pinton et qui en sera à sa 10e édition du 10 au 17 mars 2018.

«Nous avons fait un premier effort de régionalisation avec Cayamant le printemps dernier. Nous allons récidiver avec Bouchette en 2018. La culture est indéniablement un gros plus pour l’économie régionale», rappelle Denis Labelle.

«Mais tout est tellement précaire, estime Nathalie Boileau. Nous avons l’expertise mais tout peut s’écrouler à tout moment. Nous sommes chanceux de pouvoir compter sur des bénévoles farouchement impliqués, sinon, rien ne fonctionnerait.»

Sylvie Grégoire, fortement impliquée dans les activités au presbytère, estime que l’artiste doit avoir le temps de créer. «Il n’a pas toujours le temps qu’il faut à consacrer aux demandes de subventions qui exigent que les documents soient remplis tel que prescrit. Et comme je ne suis pas habile en chiffres…»

Marc Grégoire, qui précise avoir voyagé un peu partout au Québec au cours des dernières années, rappelle que chacune des régions qu’il a visitées avec sa conjointe a sa propre signature culturelle et touristique et que l’offre culturelle est bien véhiculée. «La Vallée-de-la-Gatineau a un caractère particulier : la chasse-galerie. C’est sa signature. Il faut y voir avant de se faire chiper notre idée.»

Julie Martineau, de Culture Outaouais, a indiqué qu’il faut absolument éviter l’essoufflement des forces vives du milieu et de viser la mise en commun des projets régionaux.

La rencontre s’est terminée par un goûter préparé par la chef cuisinière Marie-Claude Bonin-Joly. Hum…. Délicieux !