Résidence du vieux clocher : La coopérative doit changer ses plans

SAINTE-THÉRÈSE-DE-LA-GATINEAU – La Coopérative de solidarité du vieux clocher travaille toujours sur son projet de résidence pour aînés dans le village de Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau. Mais afin d’avoir une chance de bénéficier d’une aide financière gouvernementale, il lui a fallu revoir ses plans pour baisser les coûts. Si dans un premier temps il était envisagé d’aménager la résidence dans l’église, désormais l’option d’un nouveau bâtiment, à derrière cette dernière, est plutôt envisagée.

À l’origine du projet, la Fabrique de la paroisse Assomption-de-Marie a accepté de céder l’église et son terrain pour servir au mieux-être des aînés et de leurs familles. Le 2 juillet 2011, le diocèse autorisait la vente du terrain et de l’édifice pour la somme de 1$. À sa réunion du 9 novembre 2011, la coopérative acceptait d’absorber les frais fixes tels assurances du bâtiment et Hydro-Québec.

Dès juillet 2012, un dossier complet a été déposé à la Société d’habitation du Québec (SHQ), lequel comprenait une étude de faisabilité, une analyse des besoins et un plan d’affaires. Le but était d’obtenir un engagement conditionnel pour 12 logements de type volet 11 destinés aux aînés en légère perte d’autonomie. En mars 2013, la SHQ s’est engagée conditionnellement à accorder son soutien si la demande d’aide financière (DAF) et les plans de construction répondaient à leurs exigences.

Dans le but de bien respecter les limites de la propriété, la Coopérative a demandé un certificat de piquetage déposé le 17 décembre 2013. Ainsi, l’architecte avait en main les espaces pouvant accueillir l’agrandissement désiré, car le projet soumis comprenait, dans l’église, trois unités de logement, une salle communautaire, une salle à dîner, une cuisine. Le bâtiment neuf qui devait s’y greffer comprenait neuf unités de logement.

Le montage financier s’est alors présenté très exigeant. L’année 2014 a été consacrée aux services tels arpentage, topographie, hydrogéologie, études géotechnique, environnementale, structurale, perméabilité, etc, et campagne de financement. Les coûts prohibitifs sont apparus, le manque de fonds atteignait 300 000$. C’est alors qu’est survenu l’incendie de l’Isle-Verte. Le gouvernement du Québec exigé l’installation de gicleurs. Les mesures compensatoires proposées par la Coopérative ne suffisaient pas, le coût des gicleurs représentait 300 000 à 400 000$.

En 2014-2015, après un an et demi d’incertitudes auprès de la SHQ et de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), la Coopérative a décidé d’offrir des logements aux aînés du volet 1, soit des aînés autonomes. Le service d’alimentation, les lieux de rencontres sociales, n’étaient plus subventionnés, la subvention de construction était largement réduite. De plus, il aurait fallu engager un gardien formé pour assurer la sécurité 24h sur 24.

De telles obligations ont dirigé la Coopérative vers une nouvelle option : celle de scinder le projet en deux parties, soit d’offrir 9 unités de logement dans un bâtiment complètement neuf en arrière de l’église, sans obligation de corrections ou de désamiantage de cette dernière (au coût de 85 000$) et d’inclure, dans l’église rénovée, les espaces disponibles à tous les aînés : salle communautaire, ateliers, cuisine communautaire, etc.

Une seconde preuve du besoin a été déposée à la SHQ pour obtenir une réservation d’unités classifiées volet 1. Soixante aînés ont complété un nouveau formulaire manifestant leur besoin de logement. L’architecte s’est remis au travail. La dernière DAF a été acceptée par la SHQ, les coûts sont acceptables. L’engagement final aura lieu suite à l’appel d’offres qui sera lancé début 2018.

En étroite collaboration avec la municipalité et l’organisme FADOQ, la Coopérative poursuit, par ce projet modifié, la mission qu’elle s’est donnée : servir le mieux-être des aînés et de leurs familles. Les deux volets, celui de résidence et de lieu d’animation sociale, seront comblés.

Comme l’explique Agathe Quevillon, qui travaille sur ce projet depuis le début, «pour être capable de réaliser le projet, il fallait diminuer les coûts d’au moins un million. C’est pourquoi on a décidé de dissocier l’église et les unités de logement. On s’est dit, on va s’occuper des neuf unités de logement et la partie salle communautaire multiservices on pourrait la céder à la municipalité si elle l’accepte. L’église pourrait être transmise à la municipalité».

Durant la rencontre de décembre du conseil municipale de Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau, les élus ont adopté une résolution afin d’octroyer un mandat à l’architecte Robert Ledoux. Comme l’explique le maire, Roch Carpentier, «c’est une demande pour faire une planification. Comme la Coopérative du vieux clocher n’aura plus besoin de l’église, la municipalité veut voir ce qu’elle pourrait faire avec l’édifice. C’est pourquoi on a demandé à Robert Ledoux de nous faire un plan d’architecte».

Par ce changement d’orientation, le coût du projet de résidence pour aînés passe de 3 millions à environ 2 millions. Il serait couvert par trois sources de financement : un emprunt contracté par la Coopérative, l’apport du milieu et une subvention. «Donc au lieu d’emprunter 1,3 million, on va emprunter à peu près 580 000$, précise Agathe Quevillon. Le milieu a donné près de 600 000$. La DAF correspond en tout lieu aux exigences de la SHQ. Si tout va bien, la construction des unités de logements commencerait au printemps 2018.»