Douze jours d’action contre la violence envers les femmes : Un hommage rendu aux victimes

MANIWAKI – Les Douze jours d’action contre la violence envers les femmes ont été soulignés du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, au 6 décembre, Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Les organisations ayant à cœur la lutte contre la violence envers les femmes ont interpelé de diverses façons la société québécoise pour dénoncer, contrer et surtout prévenir ces violences.

Parmi les activités dans la région, le Comité-Femmes Vallée-de-la-Gatineau a organisé une vigie, mercredi 6 décembre, afin de clore les Douze jours d’action. Un groupe de femmes s’est rassemblé à la plaque commémorative réalisée par le sculpteur Donald Doiron, au parc de la MRC, en mémoire des femmes disparues ou assassinées.

Maude Bélair, intervenante au CALACS (Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) et membre du Comité-Femmes Vallée-de-la-Gatineau, a dans un premier temps lu un message d’ouverture. Elle a rappelé que «il y a 28 ans aujourd’hui, 14 femmes tombaient sous les balles de Marc Lépine. Polytechnique était une tuerie de masse, un féminicide qui a marqué le Québec en entier. En ce sens, nos pensées et notre appui vont vers les familles. Nous, en tant que femmes et militantes, féministes, instigatrices et messagères de valeurs d’égalité, de respect, de sororité et de solidarité, nous n’oublierons pas, car nous savons que le patriarcat porte plusieurs visages. Nous savons, qu’encore aujourd’hui, les femmes sont victimes de violences verbale, psychologique, sexuelle, physique, spirituelle et économique. Nous savon, que plusieurs de nos consoeurs, autant près de nous qu’outre frontières, sont exploitées, vendues, prostituées, brûlées, excisées ou mariées de force. Nous savons que plusieurs de nos consoeurs sont, encore en 2017, opprimées en raison de leur ethnie, de leur culture, de leurs croyances spirituelles, de leur identité sexuelle, de leur orientation sexuelle, de leur handicap physique ou mental. Pour toutes ces femmes, nous sommes en action».

Comme l’a si justement souligné Maude Bélair, «les drames familiaux n’existent pas, il s’agit de meurtres ou de crimes. Nous savons que la prostitution n’est pas le plus vieux métier du monde mais que c’est plutôt l’esclavage et la traite humaine qui le sont. Nous savons que la perte de contrôle n’existe pas et qu’il s’agit plutôt d’une prise de contrôle. Nous savons qu’encore aujourd’hui une femme sur trois est victime d’agression à caractère sexuel et que la vague de dénonciation qui envahit présentement le Québec est symbole d’un vent nouveau. Un monde où les survivantes n’ont plus peur de dénoncer, un monde où la honte change de carte. Le sujet est présentement sur la place publique mais sachez qu’il est constamment à l’ordre du jour dans nos organisations. Nous sommes à l’affut, nous sommes vaillantes, nous sommes militantes, nous sommes la voix des silencieuses et un tremplin vers la dénonciation, vers la vérité. Le droit de dire non est inviolable. Aujourd’hui, nous réaffirmons notre solidarité, notre engagement dans la défense des droits fondamentaux des femmes. Nous réitérons nos valeurs de liberté, d’égalité et de sécurité pour toutes les femmes. Toute forme de violence faite aux femmes représente une transgression des droits et des libertés fondamentales».

Les participantes ont été invitées à écrire un mot sur une feuille puis à la mettre dans le feu, symbole de libération. Celles qui le souhaitaient pouvaient lire leur témoignage. Dans un premier temps, des intervenantes de la maison d’hébergement Halte-Femme ont lu le poème de l’organisme, qui se veut un hommage à une femme. Par la suite, des femmes ont livré des témoignages touchants, poignants, mais aussi révélateurs du fait que les survivantes sont bien plus nombreuses qu’on peut le penser et les séquelles bien plus douloureuses qu’on peut l’imaginer. Des témoignages d’espoir également, avec pour point commun : «Plus jamais».

À la fin de la rencontre, une réalisation de Gervaise St-Amour a été dévoilée : une étoile, portant des roses, qui brille la nuit et qui trône désormais sur la plaque commémorative.