Procès de Robert de l’Étoile : Condamné à plus de 9 ans de prison

MANIWAKI – Le procès de Robert de l’Étoile, accusé d’avoir tenté de tuer deux policiers de la Sûreté du Québec, s’est conclu la semaine dernière au palais de justice de Maniwaki. Il a été condamné à 110 mois de pénitencier. Une peine qui s’ajoute au temps déjà passé en détention préventive. Par ailleurs, il ne pourra plus posséder d’armes à feu et devra fournir un échantillon d’ADN. Pour les deux policiers et leurs proches, c’est un soulagement.

Le 18 août 2015, vers 21h30, sur la route 117 à Grand-Remous, s’est produit un accident impliquant un véhicule de la Sûreté du Québec. À bord de celui-ci, deux agents de police, Kevin Laplante et Guillaume Bernier, et un suspect qui venait d’être arrêté, Robert L’Étoile.

Ce dernier, la soixantaine, est originaire de Saint-Jean-sur-Richelieu. Le jour de l’accident, il était recherché depuis la veille par les policiers pour une agression armée survenue dans la région à l’encontre d’une camionneuse. Les agents Laplante et Bernier l’ont localisé dans un chalet du parc de La Vérendrye. Robert L’Étoile a fini par se rendre, n’offrant aucune résistance. Les deux agents l’ont assis à l’arrière de leur véhicule. Ils lui ont attaché les pieds et menotté les mains en avant, car il se plaignait de douleurs en ayant les mains attachées dans le dos.

Durant le procès, les agents ont expliqué que Robert L’Étoile était au début courtois, poli, et ne montrait aucun signe d’agressivité, alors que les deux policiers l’emmenaient aux enquêteurs des crimes majeurs, à Mont-Laurier. Mais au moment de l’accident, Robert L’Étoile a bondi à deux mains sur le volant et donné un coup vers la gauche. C’est alors que le véhicule de police est entré en collision avec un poids lourd qui venait en sens inverse. Les trois personnes à bord ont été éjectées du véhicule.

S’il a reconnu qu’il y avait eu accident ayant provoqué des blessures, Robert L’Étoile a cependant plaidé non coupable. Mais en avril, il a été reconnu coupable de tentatives d’enlèvement armées, d’avoir violé une interdiction de conduire un véhicule et de tentative de meurtre sur deux policiers.

Le juge Gaston Paul Langevin, qui a rendu la sentence, a expliqué que l’accusé ne souffre pas de trouble mental, donc que sa responsabilité est entière : «Il a berné les policiers et abusé de leur confiance. Il a agi sans se soucier de l’ampleur des préjudices qu’il allait causer.» Parmi les facteurs aggravants, le juge a retenu l’horreur et la brutalité du geste, l’absence d’autocritique de la part de Robert de l’Étoile ainsi que la récidive de l’accusé qui a perpétré dans la même année une autre tentative de meurtre envers une femme. Il a rappelé également les blessures subies par les agents de police, en particulier Guillaume Bernier qui a été très gravement blessé, dont la convalescence a duré plusieurs mois et qui doit vivre encore aujourd’hui avec des séquelles. S’y ajoutent aussi pour les deux victimes des conséquences psychologiques.