Prévention du suicide : L’importance d’aider les personnes endeuillées

MANIWAKI – À l’occasion de la Journée internationale des endeuillés par suicide, l’organisme Suicide Détour organisait des activités vendredi afin d’insuffler un souffle d’espoir à ceux et celles qui ont vécu le suicide d’une personne proche.

Un groupe s’est rassemblé dans le stationnement de Chez Martineau pour une envolée de ballons. Par la suite, les participant(e)s ont procédé à une marche silencieuse dans les rues de Maniwaki pour se rendre jusqu’au Tim Hortons, où cafés et chocolats chauds étaient offerts, avant de retourner au point de départ. Tous ceux et celles touché(e)s de près ou de loin par le suicide étaient invité(e)s à participer à cette activité.

Chaque année, cet événement représente une occasion de se rassembler pour les personnes endeuillées par suicide. Selon l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), le deuil causé par un suicide est un deuil normal qui comporte cependant des particularités. Choc, déni, refus d’accepter la nature de la perte. Plusieurs sentiments peuvent naître chez les personnes vivant le deuil. Il y a la culpabilité : «qu’ai-je fait, omis de faire ou aurais-je pu faire ? », «si j’avais fait ceci», le sentiment de culpabilité est souvent dirigé vers soi-même, on se sent impuissant, incompétent. La colère : il s’agit d’un sentiment souvent difficile à exprimer car il est dirigé contre la personne qui s’est suicidée, celle que l’on aime, on ressent alors ce geste comme du rejet, de l’abandon. La honte : le suicide porte encore son héritage social de tabous, il n’est pas étonnant qu’un sentiment de honte puisse s’installer, par crainte du jugement social plusieurs choisissent de ne pas en parler, de s’isoler, ce qui rend le deuil plus difficile. Le rejet et la stigmatisation sociale : il semble que la communauté juge plus sévèrement les personnes endeuillées à la suite d’un suicide, on remarque des réactions émotives et de détresse qui peuvent conduire à des manifestations d’évitement, d’accusation et de blâme qui auront pour conséquence d’isoler la personne endeuillée. L’incompréhension : on recherche une explication, un coupable, une cause, «pourquoi?» est une question souvent laissée sans réponse.

Si vous avez perdu quelqu’un par suicide, l’AQPS recommande de parler de votre peine ; raconter les détails du suicide, de vos réactions ; partager vos peurs et vos doutes ; trouver quelqu’un qui puisse être une bonne oreille et vous rassurer ; faire valider vos émotions. Les services d’aide pour les personnes endeuillées visent particulièrement l’expression des émotions, l’identification des sentiments d’isolement liés à la peur et à la crainte du jugement et l’accompagnement dans le processus du deuil. Il ne faut surtout pas hésiter à demander de l’aide auprès des ressources de la communauté. Appelez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) pour connaître les ressources offrant des services dans votre région tels que le suivi de deuil ou des groupes pour endeuillés. Suicide Détour offre des services aux personnes endeuillées, que ce soit par suicide ou non. Pour plus d’informations, contacter Caroline ou Marie-Ève au 819-441-1010.

À noter que l’AQPS a lancé un sondage sur les besoins de la population en lien avec la prévention du suicide sur Internet. Vos réponses aideront à élaborer une stratégie numérique en prévention du suicide pertinente et efficace. Il suffit de répondre à ce sondage, d’une durée de 10 minutes, disponible aux liens suivants : en français, http://bit.ly/2zvNvWf
 ; en anglais, http://bit.ly/2zulWg8