Hommage au chef algonquin Tessouat : Un monument au musée canadien de l’histoire

LA GATINEAU – Une cérémonie dans la plus pure tradition autochtone comportant des aspects éducatifs et des réjouissances s’est déroulée jeudi 9 novembre sur la propriété du Musée canadien de l’histoire. Arif Virani, secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien (Multiculturalisme), s’est joint à Mark O’Neill, président-directeur général du Musée, à Norm Odjick, directeur général du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg, et à Verna Polson, Grande chef du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg, pour dévoiler une statue de bronze de huit pieds à l’effigie du chef Tessouat. M. Virani a participé au dévoilement au nom de l’honorable Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien.

Le monument souligne le 450e anniversaire de la naissance du chef Tessouat, le chef algonquin qui exerçait une domination sur les échanges et le commerce en amont et en aval de la rivière des Outaouais – Kichi Zibi – au début des années 1600. L’emplacement choisi pour ériger la statue sur les berges de la rivière des Outaouais, adjacent au Musée canadien de l’histoire et donnant sur la colline du Parlement, est hautement symbolique, car ce personnage a marqué l’histoire du Canada.

La communauté du chef Tessouat vivait sur l’île Morrison, près de la ville qu’on appelle aujourd’hui Pembroke, en Ontario. Celle-ci avait la haute main sur le commerce et le trafic sur la rivière en prélevant un péage sous la forme de marchandises en échange d’un droit de passage. Lorsque Samuel de Champlain a rencontré le chef en 1603, puis en 1613, l’explorateur a tenté d’usurper au chef son rôle d’intermédiaire dans le commerce de la fourrure et a voulu négocier un passage vers l’ouest. Le chef Tessouat a refusé à Champlain le droit de passage et a continué de régner sur le commerce le long de la rivière d’une main ferme, faisant en sorte que les communautés autochtones en retirent des avantages.

Le Monument à la mémoire du chef algonquin Tessouat est une collaboration entre Patrimoine canadien, le Musée canadien de l’histoire, le Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg et M. Jérémie Giles, sculpteur.

«En rendant hommage à l’héritage du chef Tessouat, nous reconnaissons l’apport important de la Nation algonquine au Canada, a déclaré le député du Pontiac, William Amos. Ce monument est un puissant symbole du chemin que nous avons emprunté pour aboutir à une réconciliation avec le peuple algonquin.»

« Attendu depuis longtemps, le 9 novembre 2017 demeurera un grand jour, a ajouté Verna Polson. C’est en ce jour que nous nous réunissons tous pour honorer un important leader des Anishinabes, dont l’histoire de notre pays ne fait presque pas mention : le chef borgne Tessouat. Ce monument du grand chef, qui repose sur le territoire traditionnel algonquin, rappellera aux générations futures le rôle important qu’ont joué Tessouat et toutes les Premières Nations dans les débuts du Canada.»

«En 1980, j’ai appris en lisant les écrits de Champlain l’omniprésence du grand chef algonquin Tessouat le premier, et l’importance de son rôle dans les premières alliances qui ont contribué à donner forme à notre pays, a expliqué Jérémie Giles. À partir de ce moment, j’étais convaincu qu’on devait lui rendre hommage, à lui aussi, dans la région de la capitale du Canada. Aujourd’hui, je suis heureux de voir qu’il se tiendra, symboliquement et fièrement, de nouveau sur la propriété où est maintenant érigé le Musée canadien de l’histoire.»

L’histoire nous révèle que le chef Tessouat était borgne, et c’est ainsi que nous apparaît la statue. L’œuvre ne repose pas sur un socle : le sculpteur Jérémie Giles explique que le chef se tient debout, les pieds tout près de notre terre mère. L’artiste dépeint le chef Tessouat comme s’il revenait tout juste d’une expédition commerciale sur le fleuve Saint-Laurent, faisant un arrêt à l’île Morrison, sur le chemin du retour. Il porte des vêtements ordinaires, plutôt qu’une tenue de cérémonie, et il est sur le point de s’adresser à ses compagnons de voyage et de diriger une cérémonie du tabac. Il tient donc le bâton de parole cérémoniel.

Crédit photo : Marie-Andrée Blais.